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Vieillir le mieux possible au sein des maisons de retraite médicalisées : voici un défi de plus en plus difficile à relever pour ces établissements et leurs équipes, compte tenu de l’augmentation de l’âge moyen des résidents au moment de leur admission et des problèmes de santé qui ne manquent pas de survenir ou de s’aggraver. Pour assurer un bien vieillir, la Fondation de l'Armée du Salut développe des Pôles d’activités et de soins adaptés (PASA) pour ralentir l'affaiblissement physique, mental et relationnel de résidents souffrant de maladies dégénératives, comme la maladie d’Alzheimer.
Après plusieurs expérimentations, il est en effet vite apparu que le fait de mobiliser les résidents et de les inciter à utiliser toutes leurs capacités était une des clés de leur accompagnement quotidien en maisons de retraite médicalisées (ou Ehpad - établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). C’est sur la base de ce constat que sont nés et qu’ont été encouragés par le Plan Alzheimer 2008-2012 les Pôles d’activités et de soins adaptés (PASA). Le principe est d’accueillir durant la journée des résidents souffrant de maladies dégénératives, comme la maladie d’Alzheimer, et de les stimuler de manière continue grâce aux activités qui leur sont proposées. C’est tout naturellement que la Fondation de l’Armée du Salut a inscrit la création de PASA parmi ses objectifs prioritaires et une première expérimentation a démarré, au début 2012, à la Résidence Boris Antonoff, à Saint-Malo.
Un démarrage bien préparé à l’avance
« C’est un projet passionnant, qui change la manière de voir les personnes âgées », souligne Valérie Mercier, sa directrice. Dans cet établissement qui a démarré son activité il y a environ deux ans et où vivent et sont accompagnées et soignées environ 80 personnes, le projet de mise en place d’un PASA a rapidement fait son chemin. « Compte tenu du comportement d’isolement ou de repli sur soi que nous constations chez certains résidents, il s’agissait d’imaginer un lieu de vie différent, où ces personnes pourraient trouver une place au sein de la Résidence », poursuit Valérie Mercier.
Après l’accord, début décembre 2011, des autorités de tutelle, le démarrage du PASA, installé à côté de l’accueil de jour de la Résidence, a été préparé avec soin. L’équipe, constituée de deux salariées à temps plein (outre l’intervention ponctuelle d’autres professionnels de la Résidence), a été recrutée dans la foulée et l’activité a pu réellement commencer toute fin janvier 2012. « Les semaines précédant le démarrage nous ont permis de bien nous approprier le projet, nous avons en particulier pu visiter le PASA d’une résidence retraite à Rennes », expliquent les deux animatrices du pôle, Maude Richard et Sophie Louin, aide médico-psychologique et aide-soignante. « Nous connaissions déjà très bien les résidents, ce qui nous a permis de constituer les groupes par affinités. » La participation au pôle s’est bien faite après avoir expliqué son objectif et son fonctionnement aux résidents et à leur famille, et en respectant certains refus.
« Une vraie renaissance ! »
En accord avec le cahier des charges des PASA, environ 14 résidents sont accueillis, en deux groupes, celui du matin et celui de l’après-midi. « Du lundi au vendredi, nous démarrons la matinée, après avoir préparé la salle, en allant chercher les résidents dans leur chambre », décrivent Maude Richard et Sophie Louin. « Après avoir pris ensemble un café et un jus de fruit, nous faisons la lecture du journal. La majorité des résidents sont plutôt actifs le matin, nous en profitons pour animer les échanges et faire participer tous les résidents, en étant attentives à ceux qui sont un peu plus éteints. » Après le déjeuner pris ensemble au PASA, un temps de repos s’avère nécessaire, et certains remontent dans leur chambre. « L’après-midi, les résidents du PASA participent à des ateliers chaque jour différents (cuisine, jeux de société, chant, etc.), dans lesquels interviennent aussi certains jours l’ergothérapeute ou la psychologue. »
Les premiers temps d’activité ont déjà été très bénéfiques : « L’un des résidents vit une vraie renaissance ; auparavant, il était même difficile de lui faire faire sa toilette, aujourd’hui, il nous attend déjà dans le couloir avant même qu’on vienne le chercher, on sent que, grâce au PASA, il a trouvé un ‘moteur’ pour sa journée. » Tous les vendredis, Maude Richard et Sophie Louin se réunissent avec le médecin coordinateur, l’infirmière coordinatrice, la psychologue ou l’ergothérapeute et, parfois, la directrice, pour préparer une synthèse régulière de l’activité. « Le PASA fonctionne à titre expérimental pour un an », précise Valérie Mercier. « Notre travail régulier d’évaluation nous servira pour convaincre les pouvoirs publics de pérenniser cette activité, en en montrant les retombées concrètes sur l’autonomie et la qualité de vie des résidents. »
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