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Soupes de nuit en été

L'été aussi, prendre soin des autre !

Dormir dans la rue, c'est en plus de subir un grand inconfort physique, se mettre en danger : la crainte est là d’être victime d’une agression, de se faire dépouiller de ses maigres effets ; le risque est aussi de se retrouver embarqué dans une bagarre, pour un mot de travers ou un regard de trop. Rap-pelons par ailleurs qu’on ne peut obliger personne à quitter la rue pour un abri. Alors, il faut tenter de convaincre et, en cas d’échec, donner ce que la personne accepte, un repas par exemple.

Un problème spécifique se pose pour les mineurs, car la loi interdit de les accueillir dans les mêmes structures que les adultes. C’est pourquoi il existe des lieux, comme la Maison du Partage à Paris, qui ouvrent leurs portes le soir spécifiquement pour eux. Amenés par les maraudes de divers associations qui sillonnent les rues pour aller à leur rencontre,ces jeunes pourront prendre une douche, dormir en sécurité et, s’ils le souhaitent, recevoir des informations leur permettant de prendre contact avec les services de la protection de l’enfance.

Des actions pour tous

Les personnes âgées souffrent d’autres maux en été. Celles qui vivent dans des mai-sons de retraite bénéficient des soins qui leur sont prodigués tout au long de l’année.Et on sait que des mesures spécifiques ont été prises de-puis la canicule de 2003 : au moins une salle climatisée par établissement et une attention particulière portée au risque de déshydratation. Il n’en est pas de même pour celles qui ont pu rester chez elles, par choix ou simplement parce qu’elles n’ont pas les moyens de payer leur séjour dans une structure spécialisée.

L’été, leur famille – quand il leur en reste une et que celle-ci veut bien s’occuper d’elles – est en vacances. En vacances aussi les voisins qui – peut-être – s’inquiètent de temps en temps de la «vieille dame du 3e».

Certes, les services sociaux poursuivent leur mission.Mais quand tout le monde part, arrive la solitude. Les visites bénévoles représentent alors une bouffée d’air frais – dans tous les sens du terme –, et l’on n’insistera jamais assez sur l’importance de leur rôle.Dans les centres d’hébergement et de réinsertion sociale,la vie continue aussi, à peine ralentie par les congés des uns et des autres.

L’été est aussi le moment où il ne faut pas oublier que la vie – et donc la réinsertion– est aussi faite de loisirs, de culture, de dépaysement… Le mot « vacances » n’est pas tabou, même pour ceux qui vivent dans la précarité. Les vacances sont nécessaires à l’équilibre de chacun, et peut-être plus encore aux personnes démunies qui se sentent exclues de partout. Cette forme d’exclusion, « je n’ai pas les moyens de partir en vacances», n’est d’ailleurs pas réservée aux personnes accueillies dans des structures sociales:de plus en plus nombreux sont ceux qui, même salariés, ne par-viennent plus à «joindre les deux bouts» tout au long de l’année; alors les vacances…

Les travailleurs sociaux rivalisent d’imagination pour organiser des sorties en limitant les frais au maximum, et en demandant une participation, souvent symbolique, aux bénéficiaires : balade à vélo, pique-nique, spectacle, exposition, découverte de nouveaux paysages…

Que les enfants aussi puissent s’évader

Ces évasions de la vie quotidienne se préparent longtemps à l’avance avec les intéressés et ils en parlent encore longtemps après. Elles représentent l’un des moments forts de l’année, elles sont le support d’un véritable échange et d’une socialisation indispensable.Si les parents sont privés de vacances, que dire alors des enfants qui doivent rester «scotchés » devant la télévision ou livrés à eux-mêmes au pied de leur immeuble ? Alors que dans la plupart des cas les vacances sont l’occasion d’un ressourcement pour la famille,les enfants qui en sont privés n’ont parfois pour seul horizon que la barre de leur cité. Les colonies de vacances représentent souvent le seul moyen de leur permettre, à eux aussi, de s’évader.

Mais pas seulement, car l’encadrement des colonies de vacances leur donne la possibilité de découvrir un nouveau mode de vie, basé notamment sur le respect d’une discipline, souple mais bien réelle, et d’apprendre à vivre en collectivité, à user de leur liberté en respectant les autres. Les associations font ce qu’elles peuvent pour eux, avec les moyens qu’elles ont. Il est difficile de ne pas penser à ces enfants qui ne pourront partir, et qui se retrouveront à la rentrée face au maître annonçant: «Rédaction! Racontez vos vacances...» Rendre feuille blanche ? Ou inventer, pour ne pas avoir honte de n’être pas parti, comme (presque) tout le monde ?