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Les actualités

D’un logement à un centre d’hébergement : comment la vie de Christiane a basculé ?

Publié le : 29 mars 2016

Christiane est accueillie au Bon Foyer depuis septembre 2015. Originaire de Guebwiller (Haut-Rhin), cette quinquagénaire vivait une vie stable et paisible. Mais l’alcoolisme de son mari et de ses enfants a fait basculer sa vie. Aujourd’hui, elle tente de rassembler les morceaux d’une existence qui a été brisée par la violence conjugale et la dépression.

Christiane que faisiez-vous avant d’arriver à l’Armée du Salut, à Mulhouse ? 

Christiane : J’ai toujours vécu en Alsace, dans le Haut-Rhin. Pendant 10 ans de 1986 à 1996, j’ai travaillé à l’usine, aux rotatives. Je me suis par la suite formée au métier d’auxiliaire de vie ce qui m’a permis de travailler dans le milieu hospitalier. Entre 2003 et 2008, j’étais agent des services hospitaliers, en gériatrie notamment. J’ai ensuite évolué dans un établissement d’hébergement de personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Victime de l'alcoolisme de son mari  

Parallèlement, j’avais une vie de couple. J’ai d’ailleurs cinq enfants : 2 filles et 3 garçons. Et je suis déjà six fois grand-mère. Mais ma vie quotidienne était sans intérêt. Le matin, j’allais travaillais et le soir je rentrais à la maison… Et mon mari consommait beaucoup d’alcool et me frappait. Puis, arrivés à l’âge adulte, deux de mes enfants ont pris la même habitude que leur père : consommer de l’alcool à longueur de journée. Quand je rentrais le soir du travail, je devais passais entre les canettes et bouteilles d’alcool pour aller jusqu’à ma chambre. Je devais m’occuper de tout. Le loyer, les papiers administratifs, le ménage… Puis un jour, j’ai fait une dépression. C’était en 2008. J’ai été hospitalisée 4 mois et j’ai suivi une cure pendant 6 mois. Une dépression que j’ai traînée jusqu’en 2014. Et un jour, j’ai tout plaqué : mon travail et mon logement. Un mercredi d’août 2014, j’ai pris mon sac à main et j’ai quitté l’appartement.

Puis, qu’est-ce qui s’est passé ? Qui vous a accueillie ? 

C. : A la rue et n’ayant pas de toit, j’ai été accueillie par un jeune homme que j’avais élevé. Mais il m’a hébergé que 15 jours. Après deux semaines passées chez lui, j’ai appelé la gendarmerie qui m’a conseillée d’aller à Accord 68, qui est une association d'aide et d'accueil des victimes de violences conjugales, de violences volontaires ou bien encore des victimes d'agressions sexuelles. J’ai été hébergée dans un logement d’Accord 68 pendant 8 mois à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).

En avril 2015, on m’a demandé de trouver un logement. Le même mois, j’ai emménagé dans un appartement. Lors de la visite de cet appartement, le propriétaire m’avait précisé que l’ancienne locataire était décédée dans l’appartement et son corps était resté plus d’une semaine dans l’appartement. Mais j’ai tout de même accepté d’habiter dans ce logement car sinon je devais dormir à la rue. Quelques mois après m’être installée dans l’appartement, j’ai commencé à faire des malaises. Il m’arrivait de tomber soudainement par terre et d’être inerte pendant de longues heures. Ces malaises étaient handicapants pour moi car je ne pouvais plus gérer le logement toute seule. 

Arrivée à l'Armée du Salut   

Retour à la case centre d’hébergement ? 

C. :Oui, j’ai de nouveau dû frapper à la porte d’un foyer d’hébergement, au printemps 2015. Cette fois-ci c’était la Maison du pont, à Mulhouse, qui abrite temporairement des personnes qui sont dans la rue. Temporairement ! On me l’avait bien fait comprendre. En été 2015, ce foyer m’a orienté vers le centre d’hébergement et de réinsertion sociale de la Fondation de l’Armée du Salut, Le Bon Foyer, à Mulhouse.

Et aujourd’hui, quels sont vos rêves ? 

C. : La vie m’a offert une seconde chance. Arrivée en septembre 2015 au Bon Foyer, je veux maintenant avoir mon propre logement. Un appartement où je peux faire ce qui me plaît. Cuisiner mes plats préférés : bouchées à la reine, choucroute, fondu, aller au cinéma (le dernier film que j’ai vu c’est Titanic…) et enfin trouver un emploi et travailler en mi-temps thérapeutique.