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Les actualités

Et si le chômage disparaissait ?

Publié le : 18 mai 2017

Le chômage de longue durée n’est pas une fatalité. C’est ce que va chercher à démontrer une expérimentation actuellement en cours, à Paris, et partant du principe qu’il est moins coûteux d’offrir un emploi à quelqu’un que de le laisser seul, sans activité. Entretien avec Cédric Hervé, un des pilotes de cette expérimentation pour l’Armée du Salut.

Cette expérimentation s’appelle « Territoire zéro chômeur de longue durée » et vise à éradiquer le chômage de longue durée. Pouvez-vous nous dire comment ?

Cédric Hervé : « Il s’agit de mobiliser tous les acteurs locaux pour offrir un emploi à toutes les personnes au chômage depuis plus d’un an et leur éviter de « dégringoler ». Le but est de créer une activité d’intérêt général utile aux habitants, tout en proposant aux personnes des emplois qui correspondent à leurs compétences et leurs envies. »  

Comment est-ce que cela peut être possible économiquement ? 

C.H. : « ATD-Quart Monde qui est à l’origine du dispositif a observé que le coût de la privation d’emploi (allocations …) est estimé à 36 milliards d’euros (soit 15 000 euros par personne). Les coûts et les manques à gagner liés au chômage représentent ainsi environ 70 % du coût d’un poste à temps plein, au Smic. Ce montant va financer le salaire et les 30 % restants sont financés par les prestations vendues à des clients (particuliers, entreprises, associations, collectivité…). La phase expérimentale va durer 5 ans et l’Etat a créé en 2016 un fonds pour financer cette phase expérimentale.

 

Quel est votre rôle et celui de la Fondation de l’Armée du Salut dans une telle expérimentation ? 

C.H. : « Dans le 13e arrondissement de Paris, la Fondation de l’Armée du Salut a créé depuis de nombreuses années une association, Travail et Partage, qui emploie des personnes en réinsertion. Cette association propose différents services comme par exemple du ménage, de la peinture, du bricolage (…). Ce sont les compétences développées par cette association implantée dans notre centre d’hébergement de la Cité de Refuge que nous avons mobilisées. Avec deux partenaires, l’association Aurore et la Régie de quartier de l’arrondissement, Tela13, nous avons créé une Entreprise à But d’Emploi (EBE), dénommée 13 Avenir et qui est l’employeur des personnes recrutées. 

Une fois la structure qui va employer les personnes créée, quelle a été l’étape suivante ? 

C.H : Un comité local composé de représentants des habitants, d’élus locaux, de représentants du Département, de la Région et de l’Etat, des acteurs économiques du territoire et de l’entreprise elle-même identifie les besoins locaux et les personnes au chômage depuis plus d’un an. Ensemble, ils imaginent quels sont les activités d’intérêt général qui rendraient service aux habitants, sans rentrer en concurrence avec les entreprises locales. Les personnes en recherche d’emploi signent ensuite un contrat de travail avec l’Entreprise à But d’Emploi et l’activité peut commencer. » 

Combien de personnes avez-vous recrutées dans le cadre de ce dispositif ? 

C.H. : « A terme, 200 personnes seront embauchées localement. Aujourd’hui, 3 personnes ont été recrutées en contrat à durée indéterminée (CDI) comme employés polyvalents pour mener des activités de végétalisation de pieds d’arbre, travailler comme livreurs ou animateurs de quartier. Ce sont d’anciens demandeurs d’emploi âgés de 30 à 45 ans, sans diplôme. Ils travaillent à temps plein et sont payés au Smic. »

Des développements de ce dispositif sont-ils prévus dans les années à venir ? 

C.H. : « Cette expérimentation est réalisée à plusieurs endroits en France et ce sont au total 2 000 personnes qui doivent retrouver ainsi un emploi. De notre côté, pour employer 200 personnes dans le 13ème arrondissement, nous envisageons notamment la création d’une épicerie sociale et solidaire qui permettra aux personnes en difficulté du quartier de faire leurs courses à très bas prix. Cette expérience est une illustration de la volonté de la Fondation de l’Armée du Salut de proposer à chacun de retrouver son autonomie, au-delà du toit et du repas qu’il faut bien entendu offrir à celles et ceux qui en ont besoin. »   

 

  


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