Armée du Salut - Établissements - Actualités

NewsletterSalut

Abonnez-vous à notre Lettre d'information :

Accès rapide
Sondage express

Quelle action de solidarité préférez-vous entreprendre pour combattre la pauvreté ?

Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Interviews
  • Favoris
  • Partager
  • Imprimer

Les actualités

Le fait d’être au travail n’est pas une fin en soi, c’est le moyen le plus simple pour être auprès des non chrétiens

Publié le : 27 août 2013

Philippe DETERRE, prêtre de la Communauté Mission de France, est directeur de recherche au CNRS en immunologie cellulaire. Il partage ici son expérience et nous fait mieux entrer dans la compréhension de ce qu’est un prêtre au travail

C’est au cours de mes études vers la prêtrise que j’ai été orienté vers la Mission de France. J’ai toujours eu ce désir d’être prêtre, dans une Eglise missionnaire, avec une équipe avec laquelle partager, mais pas seulement pour les chrétiens. J’ai trouvé tout cela à la Mission de France.

Etre par l’ordinaire des choses

Le fait d’être au travail n’est pas une fin en soi, c’est le moyen le plus simple pour être auprès des non chrétiens. J’ai découvert que le travail est un lieu de construction de la personne humaine ; c’est un lieu où l’on ne parle pas spontanément de la foi. Ce qui est premier, dans le travail, c’est le fait d’être au milieu des gens. Dans mes propos, je cherche toujours la manière la plus adéquate pour défendre les « petits » du laboratoire, ceux qui ont tendance à ne pas être considérés car situés au bas de la chaîne hiérarchique. 

Chercher, c’est faire aussi l’expérience du gratuit

Etre présent comme chrétien dans la recherche est important. Ce qui me motive professionnellement, c’est le fait de chercher pour essayer de comprendre. Chercher, c’est faire aussi l’expérience du gratuit, une expérience au cœur de la foi chrétienne. J’essaie d’être proche dans mon travail des hommes et des femmes qui font la Vérité (cf. Jésus et la Samaritaine) et de la faire avec eux. La Vérité dans le monde scientifique est quelque chose de bien réel. 

Entrer dans une relation équilibrée avec les uns et les autres

Présider les sacrements lorsque l’on est prêtre au travail déplace le rapport avec l’assemblée. Il ne s’agit pas d’être un homme du « sacré » mis à part, mais un homme qui est prêtre et qui, comme chacun, travaille et connaît cette réalité ordinaire. Le fait de travailler permet d’entrer dans une relation équilibrée avec les uns et les autres. Par exemple, la célébration n’est pas un lieu d’exercice du pouvoir, mais le lieu de la rencontre par excellence. 

Expérimenter l’Evangile comme un déplacement du sacré

Si la messe est une rencontre, aller au boulot le matin est aussi une rencontre. Dans l’Eucharistie, j’apporte, je partage et j’offre à Dieu ce que vis, les rencontres, les échanges, les confidences des uns et des autres, les collègues, etc. De même, dans le travail, il est possible de vivre intérieurement une dimension eucharistique. Dans cette présence dans le milieu professionnel, je fais l’expérience de l’Evangile comme un déplacement du sacré. L’Evangile, c’est cette présence de Dieu tel que saint Jean l’écrit : le lavement des pieds qui correspond dans les autres évangiles à l’institution de l’Eucharistie. 

Propos recueillis par Pierre-Baptiste Cordier