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Les actualités

Mali, l’Armée du Salut au secours des populations déplacées

Publié le : 17 juin 2015

Alors que le conflit continue à faire rage dans le nord du Mali en raison de la présence de nombreux djihadistes maliens, nigérians et libyens qui imposentla terreur, entraînant ainsi le déplacement des populations vers le sud dupays, l’Armée du Salut, implantée à Bamako depuis 2008, vient en aide auxpopulations malgré l’insécurité qui y règne. Entretien exclusif avec le Major Kapela Ntoya, responsable de l’Armée du Salut au Mali et au Burkina Faso.

Quelle est la situation du pays depuis l’échec du traité de paix ? 

Major Kapela Ntoya (responsable de l’Armée du Salut au Mali et au Burkina Faso) : Nous vivons dans l’incertitude totale, et une anxiété croissante : le centre du pays et Bamako, jusqu’alors épargnés, sont progressivement infiltrés par les djihadistes. La paix est menacée, mais le risque d’appauvrissement économique du pays, déjà si fragile, est une inquiétude réelle. 430 000 personnes ont déjà fui, dont 70 000 pour rejoindre la seule ville de Bamako. Nous avons dû interrompre notre programme d’action d’avant-guerre, faute de moyens : nous ne pouvons plus distribuer de vivres aux personnes défavorisées, aux veuves et aux enfants de la rue, pour faire face à l’urgence du drame des populations déplacées. 

En quoi consiste votre action en faveur des déplacés de guerre ? Pourquoi ne parle-t-on pas de réfugiés ? 

MKN: L’urgence consiste à répondre aux besoins immédiats : hébergement, vêtements, nourriture, aide médicale, protection et scolarité des enfants. On les appelle déplacés, et non réfugiés, parce qu'ils vivent dans leur pays, n’ayant pas franchi les frontières. Ils ont néanmoins fui, arrachés à leurs racines, pour retrouver un peu de sécurité à Bamako et dans ses environs.  

Manque cruel de personnel 
et de ressources financières

Comment l’Armée du Salut à Bamako organise-t-elle l’aide d’urgence ?

MKN : Nous avons reçu le renfort de quelques personnes grâce au Quartier Général international de l’Armée du Salut à Londres, et nous travaillons avec les organisations non gouvernementales sur place, dont l’UNICEF, qui fournit la liste des kits matériels nécessaires (couvertures, moustiquaires, couverts, comprimés de purification d’eau), ainsi que l’Organisation Internationale des Migrants, qui nous fournit les listes de personnes déplacées. Notre mission est de rencontrer des familles, qui ne sont pas toutes dans des camps et peuvent être très dispersées, nous les identifions puis nous nous assurons de la distribution de l’aide d’urgence. Nous manquons hélas cruellement de personnel et de ressources financières. 

Préparer l'avenir en dépit de la guerre 

 

 

« Si tu me donnes à manger, j’aurai à nouveau faim un jour, mais si tu m’apprends à pêcher, je n’aurai jamais faim » : en quoi ce proverbe résume-t-il bien votre action ?

MKN : L’adage africain est de circonstance. Puisque nous ne pouvons pas donner à tous, nous aidons les gens à assurer leur propre subsistance, en leur donnant les moyens de développer une activité utile. C’est ainsi que nous formons des femmes à la fabrication artisanale de savon, qui leur permet ensuite de faire vivre leurs familles une fois de retour chez elles. Nous essayons de voir loin, en dépit de la cruauté de cette guerre imprévisible. 


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