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Les actualités

“Nous sommes tous capables d’avoir un geste pour notre semblable dans la précarité”, Xavier Emmanuelli, fondateur du Samusocial et du 115

Publié le : 5 janvier 2016

Xavier Emmanuelli, médecin réanimateur, a fondé le Samusocial de Paris en 1993, puis le 115, un an plus tard. Il revient pour nous sur les raisons de cette création, avec un regard lucide et confiant, malgré les obstacles toujours nombreux. Entretien dans le bureau de son fondateur, plus de 20 ans après sa création.

Quel était le constat de départ, au moment de la création du 115 ? 

XavierEmmanuelli : Le Samusocial est né d’une nécessité : venir en aide à ceux qui ne sont pas en état de la demander, en venant vers eux. Le 115 est un des outils de ce dispositif d’urgence. Notre modèle était calqué sur celui du Samu médical, avec la même logique d’un parcours de soutien : mettre hors de danger, puis veiller aux étapes de convalescence.

"Aller à la rencontre de l’autre et prendre soin de lui. C’est l’étymologie du mot charité "  

Quel est le rôle des associations dans ce dispositif d’urgence ? 

XE : Je suis un médecin urgentiste qui croit à la valeur du temps. Le 115 gère l’urgence, la mise à l’abri quand il y a danger. Ensuite, ce sont les associations qui prennent le relais, et contribuent au retour progressif à l’autonomie des personnes secourues. L’humain est avant tout un animal social ; c’est le lien qui est son véritable salut durable. L’esprit de la maraude est bien celui-là : aller à la rencontre de l’autre et prendre soin de lui. C’est l’étymologie du mot charité. 

 Votre engagement est autant médical que social, d’où vous vient ce regard sur le patient citoyen ? 

 XE : Il n’y a pas les pauvres, comme il n’existe pas non plus les migrants. Ce flou crée une incompréhension et de l’opposition entre les gens. Or, nous sommes tous des humains, avec des parcours particuliers, guidés par la quête du sens. Donner et recevoir, aimer et être aimé. Pour le reste, c’est une dynamique de vie qui nous fait évoluer, parfois de façon chaotique. Mais il n’y a pas de fatalité au malheur. Si on ne peut pas sauver le monde, nous sommes tous capables d’avoir un geste pour notre semblable dans la précarité, avec nos moyens, même modestes. 

Comment voyez-vous l’avenir, et aussi celui du 115 ? 

XE : Je suis étrangement confiant, malgré les soubresauts de notre époque. Nous tournons enfin la page du XIXe siècle, et sa conception mécaniste* des êtres (NDLR : selon cette vision l’homme n’a que des besoins matériels). Il est temps de considérer la lutte contre la précarité avec un regard de prévention, plus qu’avec un souci de réparation.

Pour plus d'informations : 

 

 Crédit photo : Francisco Batista RDB/APHP


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