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Les actualités

« On garde espoir et on se bat », portrait d’un réfugié engagé

Publié le : 10 avril 2017

Arrivé du Kosovo avec sa famille comme réfugié en mars 2011, puis hébergé et accompagné par la Fondation de l’Armée du Salut à Belfort, Sait H raconte son parcours d’intégration, celui d’un homme qui se bat pour sa vie et celle de sa famille en France.

Bonjour Sait, pouvez-vous nous dire quand vous êtes arrivés en France ? 

Nous sommes arrivés en France en mars 2011, nous avons été tout de suite hébergés et accompagnés par la Fondation de l’Armée du Salut à Belfort, tout d’abord en urgence, à l’abri de nuit, puis dans une résidence. Rapidement, nous avons partagé un appartement autonome avec une autre famille, puis on nous a attribué notre propre appartement. Nous y sommes très bien. Lorsque j’ai commencé les démarches administratives, je ne voulais pas que la Fondation de l’Armée du Salut fasse les choses à ma place : je voulais montrer que j’étais capable de faire des démarches tout seul, et par ailleurs, j’étais accompagné également par le Réseau éducation sans frontières (RESF) de Belfort. En fait, je fais mes démarches à 90 % tout seul.

Pourquoi voulez-vous faire les démarches administratives tout seul, est-ce pour être autonome ?

Parce que je sentais que j’avais toutes les compétences requises pour le faire, et que c’était à moi de demander une aide lorsqu’elle était effectivement nécessaire. Au début, j’ai effectué les premières démarches pour mes enfants. Pour inscrire ma fille, qui a 5 ans, à l’école, je suis allé tout seul à la Mairie pour demander le formulaire à remplir et à renvoyer, puis j’ai pris un rendez-vous avec la directrice de l’école. Je voulais savoir comment les administrations fonctionnent. Par contre, chaque fois que j’ai rencontré une difficulté, j’ai sollicité ma référente sociale de l’Armée du Salut.

 

Quelles sont vos ressources financières aujourd’hui ?

C’est la chose la plus difficile pour nous : en raison de notre situation administrative encore précaire, nous sommes sans ressources, hormis celle versée par le Conseil départemental pour les enfants, soit 35 euros par enfant et par mois. L’aide que la Fondation de l’Armée du Salut de Belfort nous apporte est donc indispensable. La Fondation à Belfort a un partenariat avec l’hôpital de Belfort, qui donne à la Fondation de l’Armée du Salut des barquettes de repas. Chaque jour, ces repas sont distribués gratuitement aux personnes en difficulté . C’est une chose vraiment très bien, cela nous aide à passer « jour après jour », si je peux dire.

Comment gérez-vous votre vie au quotidien ?

Je suis un papa actif, par exemple j’accompagne mes enfants pour leurs devoirs. Cela m’aide beaucoup de parler des langues étrangères. Outre l’albanais (ma langue maternelle), je parle anglais, un peu italien et serbo-croate, et maintenant couramment français. J’ai d’ailleurs fait pas mal de traductions, car les associations m’ont demandé de l’aide pour les dossiers des réfugiés, en 2011/2012, et j’ai contribué à faciliter les échanges entre les équipes et les personnes qui venaient d’être accueillies.

Comment voyez-vous l’avenir ?

On a tous des projets. La chose la plus importante pour nous est d’être protégé par l’Etat français en étant reconnus réfugiés. Une fois cette place reconnue, j’espère pouvoir travailler : j’ai étudié l’économie et suis diplômé en comptabilité au Kosovo. On a traduit mon diplôme en français, mais je dois m’inscrire à des formations pour que mon diplôme soit validé ici. J’ai déjà trouvé un contrat de travail, mais qui reste virtuel, tant que le statut de réfugié, qui donne le droit de travailler, ne nous est pas accordé. On garde espoir, mais on a peur aussi. On aimerait voir nos enfants grandir, s’épanouir et étudier en France. Mes enfants aiment beaucoup l’école. Ils ont appris le français très vite, ils jouent avec les autres enfants. D’ailleurs, j’ai été aussi élu représentant des parents d’élève à l’école de ma fille. Actuellement, je donne aussi à titre bénévole des cours d’informatique et de langue française dans une association. Avec un autre bénévole, on a développé un support informatique pour aider à l’apprentissage du français. 

Vous participez d’ailleurs aussi aux ateliers parents/enfants que la Fondation de l’Armée du Salut organise ?

Ces ateliers sont très importants pour nous. Nous n’avons pas beaucoup de moyens pour proposer à nos enfants des sorties, des visites, etc. Grâce à ces ateliers, auxquels nous participons gratuitement, nous faisons des sorties parfois entre familles, et nous ne sommes plus isolés. Au tout début, lorsque les enfants ont commencé leur scolarité, leur institutrice avait demandé à tous les élèves où ils étaient partis en vacances. Ma fille ne savait pas, elle a répondu que nous n’étions pas en vacances. Après coup, elle ne s’est pas sentie très bien. Heureusement, tout cela est maintenant derrière nous. 

 Propos recueillis par Valérie Vadot

 

  


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