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Les actualités

« Si il n’y avait pas eu le Hameau, je pense que je ne serais plus de ce monde », Danièle, accueillie au Hameau de Marseille.

Publié le : 14 août 2015

Danièle vit à Marseille depuis 1972. Après avoir passé plusieurs années à la rue. Elle est venue, en 2009, s’installer au Hameau de l’Armée du Salut, un lieu où d’anciens sans-abris peuvent se reconstruire, sans limite dans le temps. Aujourd’hui, à 58 ans, elle espère un jour gagner au « tiercé » et compte léguer sa « fortune au Hameau pour remercier ce lieu de [l’]avoir sortie de la rue ». Rencontre avec Danièle.

Joëlle, ou plutôt Danièle, parlez-moi de vous ? 

Joëlle G. dit « Danièle » : Je suis née à Bordeaux en 1955. A ma naissance, j’ai été abandonnée. J’ai été placée à l’assistance publique. A 10 ans, je suis allée chez les religieuses à Saint Yrieix-sur-Charente dans le sud ouest. A 17 ans, j’ai fugué de cette institution et je me suis retrouvée pour la première fois à la rue à Bordeaux. En 1972, des personnes de la rue m’ont dit de descendre à Marseille pour le beau temps. En arrivant, il pleuvait et j’étais à la rue. Des personnes anonymes m’ont ensuite dirigé vers un foyer. J’y suis restée qu'une dizaine de jours car c’était atroce (grands dortoirs, pas de sanitaires). Pire qu’en taule. 

 Et puis … ? 

D. : Je suis retournée à la rue. C’est à cette période que j’ai commencé à faire la manche devant un supermarché. J’étais bien là bas, j’étais bien acceptée par les commerçants et par les habitants du quartier.

 Pendant longtemps ?

D. : Oui, nous (NDLR elle et son compagnon) avons vécu une dizaine d’année dehors. Durant cette période, on dormait dans la rue sauf lorsque ma chienne Gypsi a eu des petits, là nous avons été hébergés pendant trois mois. Ensuite, retour à notre fief « Sébastopol », près du centre de ville de Marseille. Les hivers étaient très durs. Quand il faisait trop froid ou qu’il pleuvait, un ami nous hébergeait. Lorsqu’elle est tombée malade, nous nous sommes retrouvés durablement à la rue, sans solution de secours.

 Et après le Hameau a ouvert ses portes ? 

D. : 2009 ! Suite à la persévérance des éducatrices du Hameau (en photo ci-dessous), mon compagnon de rue et moi-même sommes arrivés au Hameau. C’était il y a de ça six ans. Au début, nous n’étions que quatre habitants. J’ai vu la construction et l’évolution du Hameau. 

 

Comment se sont passés les premiers jours ? 

D. : Au début, le Hameau c’était gai. Tous les jours on se battait pour que vive ce lieu. C’était dur, car on ne savait pas si ça allait tenir mais c’était beau, un beau combat. Si il n’y avait pas eu le Hameau, je pense que je ne serais plus de ce monde. L’insécurité de la rue aurait eu ma peau. Même avec mes chiens les agressions étaient fréquentes. 

 

Six ans après, comment se passent les choses ?  

D. : Je trouvais le Hameau mieux en 2009. Les habitants étaient plus combatifs et solidaires. Des amitiés se sont crées bien évidemment mais les habitants sont devenus plus individualistes. Au début, on partageait une cause commune : faire vivre ce lieu pour qu’il devienne notre lieu de vie de façon durable.

 Et comment voyez-vous l’avenir, le vôtre et celui du lieu ?

D. : J’aimerais que l’on retrouve la même combativité qu’au début. En même temps, nous avons vieilli aussi. Je souhaite rester au Hameau jusqu’à la fin de mes jours. Et puis, si un jour je deviens riche, car le tiercé c’est mon dada, et bien je lèguerais ma fortune au Hameau pour remercier ce lieu de m’avoir sorti de la rue.  

Lexique :

  • Le Hameau accueille dans de petits chalets en bois des personnes qui ont passé de nombreuses années à la rue et refusé les solutions d’hébergement traditionnelles proposées jusque là. La réussite de ce projet de réinsertion tient notamment au cadre souple proposé aux nouveaux venus et au fait qu’une limite de temps de séjour n’est pas fixée à l’arrivée des résidents.

 


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