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Sindou, un destin entre football et guerre

Publié le : 8 octobre 2015

Maison saccagée, famille attaquée, enlèvements, pendant 5 ans, Sindou Keita a subi les attaques et menaces en Côte d’Ivoire, durant la guerre civile entre 2002 et 2007. Arrivé en France en 2007, il a vécu à la rue avant d’être accueilli par les Moulins de l’Espoir, un établissement géré par la Fondation de l’Armée du Salut, à Lille. A 30 ans, aujourd’hui, il entame une nouvelle étape dans sa vie. Témoignage.

Un métier : gendarme. Une passion : le football. « Mon père m’a toujours encouragé à faire des études. Après avoir fait mon service militaire, je suis devenu gendarme en Côte d’Ivoire. Mais avant de devenir gendarme, j’ai été joueur de football professionnel pendant 3 saisons, passionné par le football depuis l’âge de 12 ans, j’ai joué pour l’équipe de Séguéla, au nord-ouest du pays, en deuxième division.

 

La guerre civile. Le basculement. En 2002, la guerre civile a éclaté en Côte d’Ivoire, elle a duré 5 ans. Ma famille a été agressée, ma maison saccagée, mon petit frère enlevé. Pendant ces cinq années, les règlements de compte étaient monnaie courante. Ma seule échappatoire était le football. C’est pendant une rencontre de football, que j’ai croisé la personne qui m’a incité à quitter le pays. Si je restais, ma vie était en danger. J’ai donc fait une demande de visa dans l’espace Schengen et j’ai fuit la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, je ne peux plus y retourner car le calme est apparent mais les tensions persistent. 

Arrivée en France : la dure réalité de la rue. Je suis arrivé à Paris en 2007. Je voulais devenir joueur de football professionnel mais aucun club ne m’a recruté. Je suis même allé à Bologne, en Italie, pour faire des essais pendant 3 semaines dans le club de football local mais sans succès. Le retour en France a été difficile : je cherchais du travail et je dormais à la rue. Je suis resté à Paris pendant 5 ans. Puis en 2012, je me suis rendu à Lille, une fois sur place des personnes m’ont conseillé d’appeler le 115 pour avoir une chambre et me mettre à l’abri. Les Moulins de l’Espoir de l’Armée du Salut m’ont donc ouvert leur porte. 

 

De Lille au Chili. C’est l’éducatrice sportive des Moulins de l’Espoir, Petra Degraeve, qui m’a parlé pour la première fois de la Coupe du monde de football des sans-abris. Après quelques essais, j’ai été sélectionné pour représenter l’équipe de France pendant cette compétition, qui se déroulait au Chili, en 2014, devant le palais présidentiel chilien. Je me suis préparé à Lille avec mon éducatrice sportive. Chaque vendredi on s’entrainait ensemble et j’y allais tout seul le week-end. En prenant part à la compétition, j’ai vu que les joueurs autour et sur le terrain étaient dans la même situation que moi : lutter pour survire dans la vie. Que ce soit sur un terrain ou dans la vie, le football m’a toujours appris à me battre dans la vie. 

 Reconstruire l’avenir. Aujourd’hui, avec l’aide des travailleurs sociaux des Moulins de l'Espoir, je tente de me reconstruire un avenir. Je travaille aujourd’hui pour le Canal, un chantier d’insertion et je m’occupe de l’entretien des espaces verts. Je compte passer une formation pour devenir agent de sécurité et mon rêve est également de devenir, un jour, entraineur de football pour les enfants. Pour ce qui est de l’hébergement, j’ai appris tout récemment que j’aurai bientôt mon propre appartement, grâce à l’Armée du Salut. Vous ne pouvez pas imaginer mon soulagement. »