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Les actualités

Une vie paisible qui a basculé : Alain raconte comment il s’est retrouvé à la rue

Publié le : 25 avril 2016

La France métropolitaine était loin pour ce trentenaire de la Polynésie française. En 1998, Alain* a traversé 15 700 km exactement pour venir étudier et s'installer à Paris. Jusqu'en 2014, il avait la vie idéale avant que tout ne bascule. Aujourd'hui accueilli par la Fondation de l'Armée du Salut, il nous raconte son parcours.

« Avant d’arriver en métropole, je vivais en Polynésie française, avec ma famille composée de 3 frères et 5 sœurs. Mes parents travaillent : mon père est agriculteur et ma mère cheffe cuisinière dans une école. Ils vivent tous là-bas. En plus de mes études, je passais mon temps à aller à la chasse, pêcher et cuisiner. Arrivé à la majorité, j’ai décidé de quitter l’archipel. Je n’avais jamais voyagé avant et partir c’était comme un déracinement pour moi.  

Destination : Paris. Je souhaitais poursuivre mes études en horticulture et j’ai réussi à décrocher une bourse de 200 euros par mois pour venir étudier en métropole. Je suis arrivé en métropole en 1998. Ma mère était venue me déposer à l’aéroport de Tahiti, elle pleurait ! Après 21 heures de vol et une escale à Los Angeles, j’ai atterri en métropole. Deux mois après mon arrivée, il y a eu de la neige. L’adaptation au climat était très difficile.  

Pendant deux ans, entre 1998 et 2000, j’ai fait mes études en bac professionnel horticole. Je vivais dans un foyer social (Sonacotra). En septembre 2000, j’ai choisi de faire Brevet de technicien supérieur (BTS) en horticole dans l’Oise. Mais j’ai dû arrêter par manque d’argent, en décembre.  

En Février 2001, j’ai décroché mon premier emploi : ouvrier horticole dans le lycée où j’avais fait mes études. Je gagnais 1 000 euros par mois et j’avais un logement de fonction. C’était la belle vie comme on dit. Pendant 13 ans j’ai travaillé pour ce lycée. Et ma famille en Polynésie, j’allais la voir une fois tous les deux ans.  

Une vile à fleur de peau. Une vie à fleur de peau. En mars 2014, j’ai commencé à rencontrer des difficultés dans ma vie : j’ai rompu avec ma copine, je me suis mis à consommer de la drogue et de l’alcool et le lycée a mis fin à mon contrat de travail pour des problèmes liés à mon comportement agressif, j’ai perdu mon studio et j’ai dû demander à des amis de m’héberger. J’en suis arrivé au point de squatter des appartements. Quand personne ne pouvait m’accueillir, je dormais dans la rue, dans les parkings, les parcs. Avec mon sac de vêtements, j’ai vécu deux mois à la rue, l’hiver 2014 notamment. Après la Polynésie, c’était mon deuxième déracinement dans la vie ! Des anciens collègues du lycée ont constaté que j’avais complètement plongé. Ils ont donc averti une assistante sociale qui m’est venue en aide. Elle m’a tendu la main au bon moment. 

Une stabilité autonome. Une stabilité autonome. En avril 2015, à 36 ans, je suis arrivé à la Maison Verte, gérée par la Fondation de l’Armée du Salut. Mes sentiments étaient alors très mitigés. J’étais à la fois soulagé de trouver un abri mais j’avais aussi honte de ma situation. D’ailleurs, je n’ai jamais parlé de mes difficultés à ma famille. 

 Aujourd’hui, les travailleurs sociaux de la Maison Verte m’ont orienté vers un appartement en ville qui dépend de la Fondation. Ils m’aident aussi étaler mes dettes fiscales, à faire mon dossier à la sécurité sociale et l’actualisation de mon RSA.

Je reprends également goût à la vie en société : je partage le lieu avec deux autres personnes, nous avons un budget pour faire les courses et chacun cuisine à tour de rôle. Nous allons aussi commencer à fleurir le balcon de l’appartement.

Maintenant, je peux penser à passer le permis, postuler pour trouver un emploi, un logement. Avoir comme je le dis une stabilité autonome. » 

 * Le prénom a été changé.