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Le dialogue avec les autres religions

Le partage est une richesse

L'Armée du Salut est aujourd’hui dans une configuration où les chrétiens ne peuvent plus s’ignorer les uns les autres et ne peuvent plus ignorer les autres religions. Il lui faut donc construire une relation sincère, sans arrière pensée, respectueuse de l’autre dans sa différence, pour mieux se connaître et œuvrer ensemble à un monde plus humain. C’est aussi une manière d’œuvrer au Royaume de Dieu.   © Arturo Mari - courtesy of L'Observatore Romano - Rencontre du Général et de la Commissaire Larsson avec le Pape Benoit XVI

Dans le dialogue interreligieux, il ne s’agit pas tant de dire qui détient la Vérité – la question posée telle quelle n’a pas de réponse dans ce cadre – mais comment rencontrer celui qui a des convictions religieuses ou philosophiques différentes, et comment vivre en bonne intelligence avec lui. Dialoguer, c'est apprendre à se connaître, à se reconnaître, à s’estimer, voire à se soutenir mutuellement.

Des actions concrêtes avec d'autres églises chrétiennes ...

La Congrégation de l'Armée du Salut est membre de la Fédération Protestante de France.

À Lyon, la major Danièle César, qui a été la présidente de la pastorale de la FPF (Fédération Protestante de France) de 2004 à 2009, s'occupe du groupe de la Journée mondiale de prière qui s'est rassemblé en 2008 dans l’Église orthodoxe grecque : «L’Armée du Salut est de plus en plus considérée comme Église soeur. »

À Toulouse, le dialogue oecuménique concerne toutes sortes de sujets du domaine éthique ou social. Et les échanges n’hésitent pas à aborder des réflexions sur des questions théologiques. Tous les deux ans, la Fête de la Bible rassemble
un large public. « L’Église est une présence commune dans la cité, » constate le major Olivier.

Dans le domaine caritatif, le poste de Strasbourg est engagé avec d’autres associations, que ce soit avec l’aumônerie de rue (catholique et protestante), ou des repas organisés pour des démunis et isolés au moment de Noël, entre autres.

... ou des religions non chrétiennes

 Le Général de l’Armée du Salut a pris position à l’égard des religions non chrétiennes. Il s’inquiète en particulier « de la diabolisation de l’islam relayée par certains médias », et invite les salutistes à prier « pour que les relations avec les croyants d’autres religions soient empreintes d’amitié, d’harmonie et de compréhension mutuelle ».

En souhaitant « bonne fête » à un résidant musulman ; c’était l'Aïd el-Kebir (la fête rappelle Abraham sacrifiant son fils), le capitaine Jean-Claude Ngimbi, alors aumônier à la Cité de Refuge à Paris, a eu l’idée d’une « fête d’amitié entre les peuples ». Décorations, conférence, spectacle et couscous ont mobilisé salariés et résidants. De ce jour-là, il n’était pas rare que des musulmans s’adressent à l’officier pour des questions d’ordre spirituel, tout en restant attachés à leur tradition religieuse.  

À l’Arche de Noé, à Lyon, la major Danièle César intervient pour familiariser les enfants avec les trois grandes religions qui croient en un Dieu unique.

Une longue route ensemble

Le 21e siècle voit se rapprocher des Églises qui jusque-là n’entretenaient pas forcément de relations. L’évolution d’une société sécularisée, où l’élément religieux est de plus en
plus écarté de la vie publique, y est pour beaucoup. Les brassages
culturels conduisent aussi les chrétiens de diverses dénominations à se rapprocher. Dans ce contexte, les querelles de clochers ne sont plus de mise.

En réalité, le rapprochement entre confessions différentes ne date pas d’aujourd’hui. La Semaine universelle de prière a été célébrée pour la première fois en 1847. En 1905, la séparation de l’Église et de l’État amène différentes Églises protestantes françaises à constituer la Fédération protestante de France. La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens fête en 2008 son centenaire. La Journée mondiale de prière est célébrée depuis 1920, et le Conseil oecuménique des Églises a été officiellement fondé en 1948.

Sans oublier le Concile Vatican II, qui a facilité le rapprochement avec l’Église
catholique romaine, même si des questions de fond restent posées.

La major Anne Thöni est aumônier protestant à l’hôpital Avicenne à Bobigny, dans la banlieue Est de Paris. C’est le plus grand hôpital français d’accueil des migrants : 90 ethnies différentes, 40 langues parlées au quotidien. Après les événements du 11 septembre 2001 et l’effervescence suscitée autant parmi le personnel que parmi les malades, la direction de l’hôpital charge la Major de créer et d’animer un comité interreligieux qui réponde à toutes les problématiques religieuses de l’hôpital et qui soit un lieu de dialogue ouvert à tous. Des partenaires acceptent de s’engager avec elle dans cette voie : un prêtre catholique, un imam soufi, un rabbin, un aumônier orthodoxe russe.

La formation des officiers aborde la rencontre avec des croyants vivant une foi différente. Ainsi, le dialogue interreligieux n’est pas la négation des différences entre Églises, il exprime la volonté de mieux se connaître, de se respecter, d’apprendre les uns des autres, au besoin de s’épauler et d’être ensemble un témoignage dans ce monde.