Le partage est
une richesse
| L'Armée du Salut est
aujourd’hui dans une configuration où les chrétiens
ne peuvent plus s’ignorer les uns les autres et ne
peuvent plus ignorer les autres religions. Il
lui faut donc construire une relation sincère, sans
arrière pensée, respectueuse de l’autre
dans sa différence, pour mieux se connaître
et œuvrer ensemble à un monde plus humain. C’est
aussi une manière d’œuvrer au Royaume
de Dieu. |
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Dans le dialogue interreligieux, il ne s’agit pas tant
de dire qui détient la Vérité – la
question posée telle quelle n’a pas de réponse
dans ce cadre – mais
comment rencontrer celui qui a des convictions religieuses ou
philosophiques différentes, et comment vivre en bonne
intelligence avec lui. Dialoguer, c'est apprendre à se
connaître, à se reconnaître, à s’estimer,
voire à se soutenir mutuellement. |
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Des actions concrêtes avec d'autres
églises chrétiennes ...
La Congrégation de l'Armée du Salut est membre de la Fédération
Protestante de France.
À Lyon, la major Danièle César,
qui a été la présidente
de la pastorale de la FPF (Fédération Protestante
de France) de 2004 à 2009, s'occupe du groupe de la Journée
mondiale de prière qui s'est rassemblé en 2008 dans l’Église
orthodoxe grecque : «L’Armée
du Salut est de plus en plus considérée
comme Église soeur. »
À Toulouse, le dialogue oecuménique
concerne toutes sortes de sujets du domaine éthique ou
social. Et les échanges n’hésitent pas à aborder
des réflexions sur des questions théologiques.
Tous les deux ans, la Fête de la Bible rassemble
un large public. « L’Église est une présence commune
dans la cité, » constate le major Olivier.
Dans le domaine caritatif, le poste de Strasbourg est
engagé avec
d’autres associations, que ce soit avec l’aumônerie
de rue (catholique et protestante), ou des repas organisés
pour des démunis
et isolés au moment de Noël, entre autres.
... ou des religions non chrétiennes
Le Général de l’Armée du Salut
a pris position à l’égard
des religions non chrétiennes. Il s’inquiète
en particulier « de la diabolisation de l’islam
relayée par certains médias »,
et invite les salutistes à prier « pour
que les relations avec les croyants d’autres religions
soient empreintes d’amitié, d’harmonie et
de compréhension mutuelle ».
En souhaitant « bonne fête » à un
résidant musulman ; c’était l'Aïd
el-Kebir (la fête
rappelle Abraham sacrifiant son fils),
le capitaine Jean-Claude Ngimbi, alors aumônier à la
Cité de
Refuge à Paris, a eu l’idée
d’une « fête
d’amitié entre les peuples ». Décorations,
conférence, spectacle et couscous ont mobilisé salariés
et résidants. De ce jour-là, il n’était
pas rare que des musulmans s’adressent à l’officier
pour des questions d’ordre spirituel, tout en restant attachés à leur
tradition religieuse.
À l’Arche de Noé, à Lyon, la major Danièle
César intervient pour familiariser les enfants avec les
trois grandes religions qui croient en un Dieu unique. |
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Une longue route ensemble
Le 21e siècle voit se rapprocher
des Églises qui jusque-là n’entretenaient
pas forcément de relations.
L’évolution d’une société sécularisée,
où l’élément religieux est de plus en
plus écarté de la vie publique, y est
pour beaucoup. Les brassages
culturels conduisent aussi les
chrétiens de diverses dénominations à se rapprocher. Dans ce contexte, les querelles
de clochers ne sont plus de mise.
En réalité, le
rapprochement entre confessions
différentes ne date pas d’aujourd’hui. La Semaine
universelle de prière a été célébrée
pour la première fois en 1847. En 1905, la séparation
de l’Église
et de l’État amène différentes Églises
protestantes françaises à constituer la Fédération
protestante de France. La Semaine de prière pour l’unité des
chrétiens fête en 2008 son centenaire.
La Journée mondiale de prière est
célébrée depuis 1920, et le Conseil oecuménique
des Églises a été officiellement
fondé en 1948.
Sans oublier le Concile Vatican II, qui a facilité le rapprochement
avec l’Église
catholique romaine, même si des questions de fond restent
posées. |
La major Anne Thöni
est aumônier protestant à l’hôpital Avicenne à Bobigny,
dans la banlieue Est de Paris. C’est le plus grand hôpital
français d’accueil des migrants : 90 ethnies
différentes, 40 langues parlées au quotidien. Après
les événements du 11 septembre 2001 et l’effervescence
suscitée autant parmi le personnel que parmi les malades,
la direction de l’hôpital charge la Major de créer
et d’animer un comité interreligieux qui réponde à toutes
les problématiques religieuses de l’hôpital
et qui soit un lieu de dialogue ouvert à tous. Des partenaires
acceptent de s’engager avec elle dans cette voie : un
prêtre catholique, un imam soufi, un rabbin, un aumônier
orthodoxe russe.
La formation des officiers
aborde la rencontre avec des croyants vivant une foi différente.
Ainsi, le dialogue interreligieux n’est pas la négation
des différences entre Églises, il exprime la volonté de
mieux se connaître, de se respecter, d’apprendre les
uns des autres, au besoin de s’épauler
et d’être ensemble un témoignage dans ce monde. |