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Concert de la Musique de l'Armée du Salut

Le 24/06/2012, Square Jean XXIII - Paris / Concert

La Musique de l'Armée du Salut est un orchestre de cuivre qui joue des morceaux aussi bien profanes que spirituels que ce soit dans des édifices religieux ou sur les places, jardins.... Par sa musique, elle offre un témoignage de la joie de croire.
 Le 24 juin 2012 à 15h00, ce brass-band offrira aux passants un concert gratuit dans le parc Jean XXIII

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La dignité : une valeur au coeur des actions de la Fondation

Chaque être humain a besoin d’être reconnu dans sa dignité, quelles que soient sa position sociale ou ses difficultés. Entretien avec Alain Duchêne, Président de la Fondation de l’Armée du Salut, et Supérieur de la Congrégation.

La dignité est-elle une valeur récente ?

C’est une notion qui a évolué avec le temps. À l'origine, le mot s’employait en lien avec l’exercice d’une charge: les États, les Églises, avaient alors leurs «dignitaires». Il s’agissait de personnes estimées «dignes» d’exercer une responsabilité ou une charge. À l’opposé, quel-qu’un qui avait collaboré avec l’ennemi au cours de la seconde Guerre Mondiale pouvait être frappé «d’indignité» nationale.

Le mot a aussi un sens spirituel : la personne digne est celle qui est en processus de recréation, parce qu’elle tente d’être conforme au dogme qui affirme que l’homme a été créé à l’image de Dieu. Nous sommes là dans une dignité basée sur des qualités où l’on juge de la dignité de l’autre en fonction de critères pré établis.

Aujourd’hui, la dignité est vue comme un préalable, et non plus comme un état ou une qualité qui serait la conséquence du comportement d'une personne. Je ne traite pas quelqu'un avec dignité en fonction de ses mérites, mais parce que c’est mon semblable, c’est-à-dire un être humain.

Vous voulez dire que,dans la notion de dignité,par définition, l’autre est mon égal ?

Oui, la dignité implique les principes d’égalité et de liberté.Lorsque Jésus regarde Marie-Madeleine, il ne la voit pas comme une pécheresse, mais comme une créature de Dieu. C’est un regard libérateur. La dignité rejoint alors le principe d’altérité, qui est celui de la reconnaissance de l’autre dans sa différence.

Comment traduisez-vous cette reconnaissance de la différence au sein de la Fondation ?

Par l’affirmation que le «Je» est intangible; c’est à moi, quelque soit mon état mental, physique ou psychologique, de décider ce que j’estime être ma dignité. Notre rôle est alors de créer un environnement matériel et éducatif qui permette à la personne de se reconstruire en fonction de ce qu’elle estime, elle, être sa dignité.Nous n’avons donc pas à décider pour elle, mais à lui laisser la faculté d'effectuer ses choix.

À partir du moment où elle est accueillie dans un établissement de la Fondation, elle est reconnue comme un individu à part entière, quelles que soient les circonstances qui l’on amenée à frapper à notre porte.

Vous évoquez le choix,mais une personne sans abri ou dépendante, quel choix peut-elle encore exprimer ?

La question est, en effet : quelle est sa capacité de choisir ? Une personne sans abri peut refuser d’être accueillie, et nous devons respecter ce choix. Nous lui ouvrons la porte, mais ne pouvons pas la contraindre à entrer, même s’il est de notre devoir de lui montrer les avantages qu’elle aurait à entamer,par exemple, un parcours de reconstruction.

Pour la personne dépendante, victime d’un handicap ou d’une maladie la privant de la possibilité de s’exprimer, c’est alors à nous denous comporter en fonction de nos valeurs, en fonction de ce que nous estimons être la dignité humaine. Avec les progrès scientifiques et médicaux,la dignité se retrouve au centre du débat, notamment concernant le traitement de la douleur et la fin de vie.

Si l’on repart de la notion de la dignité, respecter la dignité de l’autre, c’est donc d’abord être, soi-même, digne ?

Oui, c’est considérer l’autre comme étant un autre moi-même. Je dois respecter l’autre, comme j’attends qu’il me respecte, sans jugement préalable. Et, plus il est fragile,plus je dois être attentif. Si les circonstances de la vie m’avaient mis à sa place, qu’attendrais-je de lui pour que ma dignité soit respectée ?

propos recueillis par Thomas Sertillanges