Palais de la Femme
     
 
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Histoire
photos historiques du Palais de la Femme
 

Le Palais de la Femme, situé 94 rue de Charonne à Paris, est un établissement de la Fondation de l'Armée du Salut destiné à l'accueil des jeunes filles et femmes seules.

1641 - 1904 : un couvent

Le bâtiment actuel est construit à l’emplacement de l’ancien couvent des Filles-de-la-Croix. Cette communauté dominicaine s’est établie en 1641 sur un vaste domaine de quarante-deux hectares.

Expulsées en 1792, les religieuses ne réintégreront les lieux qu’en 1825, comme simples locataires. En 1888, le percement de la rue Faidherbe ampute la propriété. Le couvent est fermé en 1904, et démoli deux ans plus tard

Merci Mme Lebaudy !

Mme Lebaudy, née Amicie Piou en 1847, est issue d'une famille de la grande bourgeoisie provinciale. Elle épouse à 16 ans Jules Lebaudy et monte à Paris où elle tient salon, fréquenté par les grandes familles catholiques.

Au moment où Jules Lebaudy, par le biais de ses jeux en bourse, cause la faillite d'une banque et de milliers de petits épargnants, Amicie prend conscience devant son salon déserté que son mari est un "grand coquinos". Elle considère que l'argent de sa fortune est sale. Il lui est pourtant légué à la mort de son mari, survenue peu de temps après.

Mme Lebaudy consacrera dorénavant ses revenus à des oeuvres sociales qu'elle dirige de son petit deux-pièces à St-Lazare, où on la prend pour une pauvresse. Elle crée le Groupe des Maisons Ouvrières, mais elle reste inconnue de celui-ci jusqu'au lendemain de sa mort. Auparavant, seul le président du Groupe recevait d'elle, directement de la main à la main et sans reçu, les sommes nécessaires aux achats des terrains et à la construction de ces groupes d'immeubles.

1904 - 1926 : Le Groupe des maisons ouvrières

De 1904 à 1910, le terrain de l'ancien couvent des Filles-de-la-Croix reste inoccupé.

En 1910, les architectes Labussière et Longerey édifient pour la Fondation "Groupe des Maisons Ouvrières" un "hôtel populaire pour hommes célibataires", le premier du genre en France. L’édifice comprend alors sept cent quarante trois chambres, sur une surface au sol de plus de trois mille sept cent mètres carrés.

En 1914, la Grande Guerre vide la population du foyer constitué d'hommes célibataires appelés à se battre. Le bâtiment devient, provisoirement, un hôpital de guerre. L'armistice de 1919 est l'occasion pour le Ministère des Pensions d'y installer ses bureaux, qu'il déménagera dès 1924.

Particulièrement sensibilisée à la précarité à laquelle sont livrées les jeunes femmes seules, l’Armée du Salut veut racheter le bâtiment. Albin Peyron, chef de l’Armée du Salut en France, est un homme entreprenant. Pour réunir les trois millions cinq cents mille francs-or nécessaires à l’acquisition, soit un peu plus de onze millions de francs papier de l’époque, il lance, en janvier 1926, une grande campagne de souscription.

Secondé par son épouse Blanche Peyron, il constitue un Comité d’honneur. Le Président de la République, Gaston Doumergue, accorde son haut patronage. De Paris et de province, les dons affluent. Un don de mille francs permet l’aménagement d’une chambrette d’environ 9 mètres carrés, qui sera louée 100, 120 ou 150 francs par mois. Les donateurs peuvent faire apposer un plaque sur les portes des chambres avec leur nom ou une exhortation.

L’inauguration a lieu le 23 juin 1926.

1926 - Aujourd'hui : un lieu d'accueil pour les femmes

Depuis 1926, le but premier du Palais de la Femme n'a pas changé : offrir un lieu sûr et un havre de paix qui accueille des jeunes filles et femmes seules. C'est ce que cet établissement va faire tout au long du XXème siècle et ce qu'il continue à faire aujourd'hui.

 

F.ACHDOU / URBA IMAGES   Ces 630 chambres ont cependant bien vieilli et des travaux de réhabilitation ont commencé en juillet 2006. Une résidence de 300 studios devrait être créée ainsi qu'un centre d'hébergement d'urgence. L'ouverture officielle des travaux a eu lieu le 6 novembre 2007.