| Après le choc du tremblement de terre qui a frappé Haïti et Port-au-Prince le 12 janvier, le temps est maintenant à l’aide d’urgence et aux premiers bilans. L’Armée du Salut, présente depuis soixante ans, se mobilise pour porter secours aux victimes, malgré les dommages subis par ses bâtiments et la disparition de certains de ses membres.

Sur l'image : (Port-au-Prince) Le Capitaine J.L Clenat, responsable régional de la partie sud d'Haïti, traduit pour une victime les propos du médecin.
Les derniers chiffres concernant les victimes feraient mention d’au moins 75.000 morts et 250.000 blessés. Du fait des destructions d’habitations engendrées par le séisme, l’urgence consiste également à reloger près d'un million de sinistrés. Rien qu’à Port-au-Prince, on estime à au moins 500.000 le nombre de sans-abri.
Ces derniers vivent souvent avec pas ou peu de vivres et dans des conditions sanitaires déplorables. Il est hélas fréquent de trouver des femmes se lavant à côté de déchets ou des enfants faisant leurs besoins au milieu des rescapés. La tâche qui attend le gouvernement, l’ONU et les équipes de secours internationales est par conséquent immense.
L'espoir de retrouver des personnes vivantes sous les décombres étant maintenant quasiment nul, les secours concentrent leurs efforts sur la distribution de l'aide et sur la recherche de solutions pour apporter un toit aux sans-abri. Les autorités haïtiennes ont ainsi déclaré que plusieurs "villages" pouvant accueillir chacun 10.000 personnes allaient être installés aux abords de Port-au-Prince.
L’Armée du Salut touchée …
Présente à Haïti depuis 1950, l’Armée du Salut compte 7 000 membres et dispose d’un hôpital, deux cliniques, deux maisons d’enfants, 60 paroisses, un programme d’aide aux malades du sida et 48 écoles accueillant 10 000 enfants.
A Port-au-Prince, tandis que l’orphelinat, l’école, l’hôpital et l’église ont subi d’importants dommages, quelques bâtiments plus petits étaient eux complètement détruits. Le bâtiment des services administratifs, qui n’a, lui, subi que des dommages mineurs, sert de centre de coordination des opérations d’urgence.
Des milliers de personnes ont fait du terrain de football situé derrière les locaux de l’Armée du Salut leur habitation. Les équipes d’urgence concentrent notamment leurs efforts vers ces personnes.
Même si l’orphelinat a subi quelques dommages, il continue à prendre soin des 52 enfants accueillis et se prépare à accueillir 135 bébés et enfants en bas âge venus d’un orphelinat situé en campagne.
A Fond-des-Nègres (200 km de Port-au-Prince), la clinique Bethel, l’hôpital de l’Armée du Salut, a également subi quelques dégâts. Il ne s’agit heureusement pas de dégâts majeurs et surtout personne n’a été blessé. Malgré les dégâts, le personnel a répondu immédiatement aux besoins des habitants, en leur offrant un abri, de la nourriture et de l'eau potable.
Le Chef de l’Armée du Salut dans les Caraïbes, le colonel Onal Castor, présent sur place aux côtés des équipes, précise que tous les officiers (actifs et retraités) présents sur place au moment du tremblement de terre sont vivants. Nous déplorons en revanche la disparition de plusieurs soldats du Poste de Port-au-Prince, notamment le Sergent-Major Mesguere Anglade.
… Mais l’Armée du Salut mobilisée aux côtés des Haïtiens
Engagée sur place dès les premières heures, l’Armée du Salut poursuit sa mission à Haïti en apportant au mieux aux sinistrés aide et assistance. Ce sont aujourd’hui près de 700 salutistes d’Haïti qui sont sur le terrain.
Le premier souci a été d’aider un maximum de survivants en leur apportant de quoi se nourrir, boire et s’abriter. En plus des équipes présentes sur place, le Quartier Général International de l’Armée du Salut (présente à Haïti comme dans 118 autres pays à travers le monde, lire www.armeedusalut.fr/fondwww.html) a envoyé des renforts qui, depuis la Jamaïque et le sud de la Floride, mettent en place le plan d’aide et organisent la logistique.
Les premiers secours de l’Armée du Salut sont arrivés dès le vendredi 15 janvier. Aux côtés du gouvernement Haïtien et de l’armée américaine, leur aide a permis de remettre en fonctionnement l’aéroport de Port-au-Prince afin qu’il puisse accueillir les avions apportant de l’aide aux victimes du tremblement de terre.
Les équipes de l’Armée du Salut qui travaillent en collaboration avec l’armée haïtienne et les Nations Unis ont également collaboré afin de mettre en place le transport des vivres, leur sécurisation ainsi que l’organisation de la distribution.
Le 17 janvier, 14 personnes du service médical de l’Armée du Salut, dont huit médecins, sont arrivés d’Amérique du Nord avec du matériel médical. D’autres équipes les ont ensuite rejoints.
Le même jour était célébré un office en plein air devant 1000 personnes.
Le 19 janvier après-midi, l’Armée du Salut a pu commencer à distribuer des denrées alimentaires. Ce sont ainsi près de 6.000 personnes qui ont pu recevoir une semaine de vivres.
Afin de pouvoir venir en aide à un nombre plus important de victimes, un million de repas sont également arrivées le 19 janvier en provenance des Etats-Unis.
Outre l’importation d’une grande quantité de nourriture, l’Armée du Salut organise également l’envoi vers Haïti de bouteilles d’eau, de tentes, de lampes torches, de 56.000 unités de purification d’eau et de plusieurs véhicules médicalisés.
Les équipes de secours rencontrent en revanche des problèmes liés au fait qu’il devient difficile de se procurer du carburant. Si quelques centres de l’Armée du Salut fonctionnent en partie à l’énergie solaire, beaucoup sont eux dépendants de groupes électrogènes fonctionnant au fuel. L’action d’urgence continue malgré tout.
Si personne ne sait encore combien de temps durera la phase d’urgence, l’Armée du Salut a par ailleurs déjà annoncé que, une fois la situation d’urgence stabilisée, ses équipes resteront sur place afin de contribuer aux opérations de déblaiement et de reconstruction.
Informations mises à jour le 22 janvier 2010.
Plus d’informations (en anglais) : http://blog.salvationarmyusa.org
(d’après AFP)
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