Quand le 7ème art devient un levier de confiance en soi pour des jeunes

Du 4 au 9 juillet dernier, un groupe de jeunes accompagnés par l’Armée du Salut à Montpellier pour lever leurs blocages liés aux apprentissages ont écrit et réalisé un film avec un réalisateur. Un projet conçu pour leur donner envie d’apprendre autrement et renforcer leur confiance en eux et leurs projets pour l’avenir.

Une découverte née en prison

« Ce 14 août au soir, les jeunes que nous avons accompagnés dans ce projet étaient très émus au moment de monter sur scène et de prendre la parole devant le public du FEAT, un festival audiovisuel de hip hop » se souvient Marion Hanault, du Ditep Nazareth de la Fondation à Montpellier. « Le film, il déchire, et le cinéma, ça permet de passer les frontières et les messages », s’exprimait ce soir-là l’un des jeunes co-réalisateurs, après avoir visionné, au milieu du public, leur propre film, Hip-Viok, le 3ème âge d’or du Hip-Hop, écrit et réalisé un mois auparavant. Un aboutissement en forme de feu d’artifice sur toile pour ce projet artistique imaginé et mis en œuvre par l’équipe de l’établissement. Objectif : employer la découverte d’un art comme, à la fois, un apprentissage, un soutien à l’estime de soi et un moyen d’expression pour des adolescents.

Coopération, fierté et créativité

« Les jeunes qui ont participé à cette expérience ont été très fiers d’eux-mêmes ! » souligne Marion avec un sourire. Une fierté qui n’est pas un petit enjeu pour des jeunes qui ont plus souvent été confrontés à l’échec scolaire. « Alors qu’il pouvait y avoir a priori de l’appréhension, des réticences, nous avons été surpris de leur engagement, aucun souci de ponctualité, une belle capacité de coopération – et, pour nous, une belle émotion de voir la joie de ces jeunes. » Durant le tournage, la dynamique de groupe s’est très bien passée. « Les troubles qui affectent les jeunes sont presque ‘suspendus’ dans des circonstances exceptionnelles de ce type. » Ce sont les jeunes qui, avec le soutien des éducateurs et du réalisateur-partenaire, Arnaud Jaboin, ont eu l’idée de ce vrai-faux documentaire, dont le fil rouge est un échange de regards entre « générations », en mettant en scène des seniors qui se comportent et ont des goûts « de jeunes » (pour le hip hop), et des jeunes… au comportement de seniors beaucoup plus « conventionnels » !

Une jeune fille avec une caméra au poing

Les pratiques artistiques comme levier d’émancipation et de reconnaissance

« L’écriture et le tournage se sont déroulés à Sète durant cinq jours, début juillet » explique l’une des jeunes participantes. « Ça nous a permis de connaître les coulisses du cinéma, mais aussi de nous mettre devant la caméra et de mettre à l’honneur à la fois notre groupe de jeunes et le quartier où nous sommes allés à la rencontre des futurs « seniors hip hop » ! » Ce projet s’inscrit dans la stratégie plus globale de l’établissement de développer les pratiques artistiques comme un levier majeur d’émancipation et de construction personnelle. Un levier qui s’appuie en particulier, depuis 2025, sur une chapelle désacralisée présente au cœur de l’établissement et totalement aménagée comme lieu d’exposition et de projection. C’est ainsi que ce centre pensé pour l’accueil de jeunes propose désormais aussi une programmation d’expositions et événements artistiques ouverts sur le territoire.

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