Quand le soin des personnes en difficulté passe surtout par l’humain

Dans ce centre d’accueil marseillais pour personnes en difficulté, la prise en charge des questions de soin et de santé est un rouage essentiel de l’aide apportée. Car les problèmes de santé freinent sinon le retour à l’autonomie. Pour assurer le meilleur suivi possible, la Résidence William Booth de l’Armée du Salut a fait le choix de recruter deux infirmières, deux psychologues et une médiatrice santé. Nous les avons interviewées pour qu’elles vous racontent  leur quotidien au service des personnes en difficulté. Une mission qui passe souvent par la relation et par l’humain.

Le lien avant le soin

« Il faut prendre le temps de rencontrer chaque personne qui arrive », résume Florence Bousquet, psychologue qui coordonne le pôle santé de la résidence. Concrètement, cela passe par le fait de les accompagner aux rendez-vous médicaux, quand les résidents ne sont pas encore assez autonomes pour s’y rendre seuls. Nous organisons des ateliers santé et des espaces de convivialité où l’on partage un moment avant de parler prévention. Une manière de faire connaissance et de ne pas réduire les personnes à leur pathologie. Ainsi, nous tissons petit à petit la confiance nécessaire pour qu’un vrai parcours de soins puisse commencer.

Traduire, pour que chacun comprenne

Beaucoup de résidents ne maîtrisent pas le français, et le langage médical est déjà, en lui-même parfois une langue étrangère. Alors l’équipe fonctionne avec les ressources du bord pour que la communication se fasse. Cela peut passer par l’aide d’autres salariés de la résidence qui parle la langue du résident ou encore par un service d’interprétariat téléphonique. Pour les situations les plus sensibles comme un conflit de couple ou l’annonce d’un cancer, un interprète se déplace en personne, pour être physiquement aux côtés de la personne concernée. « C’est important que la personne puisse comprendre ce dont il s’agit », insiste Florence Bousquet.

BENCHAIKHA Basma - 24 ans, elle vit à la rue avec son compagnon. Enceinte de 4 mois elle a dejà un fille de 3 ans qui est placée. Elle et son compagnon ont eu un accident de trottinette et elle a le bras cassé. Elle devrait avoir un logement rapidement en dehors d’ile de France , près de Angers. avec DALI Yasmine (Sage Femme)
Valentina Camu;© Valentina Camu

Renouer avec la famille, avec prudence

Autre ressource, plus délicate à manier : le recours à la famille, quand il reste des liens familiaux. L’équipe évalue toujours en amont si la personne souhaite renouer avec sa famille ou non. Récemment, l’équipe a ainsi contacté le fils, installé au Portugal, d’un résident. Le père, diabétique, refusait toute prise en charge, y compris une opération qui pouvait lui sauver les pieds. Associer son fils à la démarche, même à distance, a suffi à faire bouger les lignes. « Le fait même de pouvoir renouer avec la famille, ça a été très important pour le monsieur et pour accepter de se soigner », note la psychologue.

Une leçon que l’équipe applique à chaque situation, sans jamais la généraliser : chaque résident, chaque histoire, demande sa propre évaluation. C’est peut-être là tout le sens du travail mené dans la résidence. Redonner à chacun, avec patience, le rôle principal dans son propre parcours de soins.

Le résident Asset Raoul YAYAT donne un cour de géographie à sa camarade récemment arrivée Marie Claire MUYIZERE.
©JulienHelaine;Julien Helaine

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