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À Charleville-Mézières, la Fondation de l'Armée du Salut, reconnue d'utilité publique, accueille et accompagne des mineurs et de jeunes majeurs arrivés seuls en France, sans parent à leurs côtés. Ces jeunes lui sont confiés par l'Aide sociale à l'enfance (ASE) des Ardennes et vivent en appartement, à Charleville-Mézières et à Rethel.

Les jeunes accueillis

Ils ont entre 16 et 21 ans. Ce sont en grande majorité des garçons, mais aussi quelques jeunes filles. Ils viennent d’horizons divers, souvent d’Afrique de l’Ouest, comme la Côte d’Ivoire, la Guinée ou le Mali, mais aussi du Tchad, d’Albanie ou d’Asie. Ils sont arrivés seuls en France, à l’âge où l’on commence à construire sa vie d’adulte. Le service les aide à apprendre le français, à se former à un métier, à prendre soin de leur santé, à régler leur situation administrative et à devenir autonomes, pour trouver durablement leur place en France. Il arrive que d’anciens jeunes reviennent saluer l’équipe, lui dire leur gratitude ou lui présenter leurs enfants.

Un jeune mineur non accompagné

Une équipe engagée

Une douzaine de travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés et moniteurs-éducateurs, accompagnent les jeunes au quotidien. Chacun est le référent de huit à dix jeunes. Deux coordinateurs organisent l’accompagnement, l’un pour les démarches administratives et la scolarité, l’autre pour le logement, la santé et la préparation du départ. Une secrétaire et une comptable complètent l’équipe, sous la responsabilité d’un directeur. Les bureaux, situés en centre-ville de Charleville-Mézières et faciles d’accès en transports en commun, reçoivent les jeunes du lundi au vendredi, et une antenne à Rethel permet aux travailleurs sociaux d’être au plus près des jeunes qui y vivent.

Des bénévoles aux côtés des jeunes

Des associations de bénévoles soutiennent les jeunes, en particulier pour l’apprentissage du français. Selon les besoins, des bénévoles viennent aussi au service pour aider les jeunes dans certaines matières techniques, comme les mathématiques. Des membres de l’équipe s’engagent enfin bénévolement pour faire vivre le club de futsal des jeunes.

La parole des jeunes

Un conseil de la vie sociale réunit des jeunes et des salariés élus, la direction, des représentants du Conseil départemental et de la Fondation, ainsi qu’un élu ardennais. Les jeunes y donnent leur avis et font des propositions sur ce qui les concerne : les documents d’accueil, l’accompagnement, les activités, les loisirs ou l’équipement des logements. Des rencontres plus informelles, ouvertes à tous les jeunes qui le souhaitent, autour d’un repas partagé ou d’une soirée film au service, permettent de parler plus librement. Beaucoup de projets du service y sont nés. Le service a déployé un plan de prévention et de lutte contre la maltraitance, et des groupes de travail et d’analyse de la pratique permettent à l’équipe de réfléchir ensemble et d’actualiser ses procédures au bénéfice des jeunes.

Une histoire récente

Face à l’arrivée de nombreux mineurs non accompagnés, le département des Ardennes a cherché un partenaire pour les accueillir. La Fondation de l’Armée du Salut, qui n’était pas encore implantée dans le département, y a ouvert ce service en décembre 2018, en s’appuyant sur l’expérience de son établissement de Reims, présent depuis plus d’un siècle. Prévu pour 69 places à l’ouverture, il a depuis augmenté sa capacité d’accueil. Les premiers logements accompagnés pour les jeunes devenus adultes ont suivi en 2022.

Au service des mineurs et majeurs non accompagnés de la Fondation de l'Armée du Salut, à Charleville-Mézières, les jeunes ne vivent pas en foyer mais en appartement. Ce choix les prépare, jour après jour, à la vie autonome qui les attend.

Des appartements partagés en ville

Les jeunes vivent dans une trentaine d’appartements loués auprès de bailleurs sociaux, à Charleville-Mézières pour la plupart et à Rethel. Ce sont surtout de grands appartements, où trois ou quatre jeunes vivent en colocation. Chacun dispose de sa propre chambre, qui ferme à clé, avec des rangements pour ses affaires, tandis que la cuisine, le séjour et la salle de bain sont partagés. Avant d’accueillir des jeunes, chaque logement fait l’objet d’une visite de conformité.

Après plusieurs années de vie collective Florjan XHEDIKU s'habitue à vivre seul chez lui.
© Julien Helaine

Une équipe qui vient à domicile

Les visites des travailleurs sociaux rythment la vie des appartements, en particulier le soir et le week-end. Elles permettent de veiller à la bonne entente entre colocataires, d’aider chacun à entretenir son logement et de partager un moment avec les jeunes. Une astreinte assure la continuité de l’accompagnement jour et nuit, toute l’année.

Des logements équipés

Les visites des travailleurs sociaux rythment la vie des appartements, en particulier le soir et le week-end. Elles permettent de veiller à la bonne entente entre colocataires, d’aider chacun à entretenir son logement et de partager un moment avec les jeunes. Une astreinte assure la continuité de l’accompagnement jour et nuit, toute l’année.

Repas et gestes du quotidien

Les jeunes font leurs courses et préparent leurs repas grâce à une allocation alimentaire versée régulièrement. Au début, un travailleur social les accompagne, puis chacun gagne en autonomie à son rythme. Les mineurs sont tous inscrits à la cantine scolaire : ils y mangent varié, déjeunent avec leurs camarades et restent pleinement disponibles pour leurs études. Lors des visites à domicile, des repas partagés avec les éducateurs permettent de veiller, dans la convivialité, à une alimentation équilibrée. Des ateliers cuisine ont lieu dans la conciergerie du quartier où se trouvent la plupart des logements, mise à disposition par le bailleur Espace Habitat. Avec le même bailleur, le centre communal d’action sociale (CCAS) et la Fondation EDF, les jeunes participent à des ateliers pour apprendre à économiser l’eau et l’énergie et à maîtriser leurs consommations, un savoir précieux pour leur futur logement. Un groupe de jeunes a aussi participé à la création d’une bande dessinée qui fait connaître ces gestes à d’autres publics.

Ancien résident à l'Unité d'Accueil et d'Accompagnement réservé aux mineurs non accompagnés à Sens-de-Bretagne, Florjan XHEDIKU vit aujourd'hui dans une petite maison du village.
© Julien Helaine

Un premier logement à soi

Une fois adultes, certains jeunes sont prêts à vivre seuls, souvent parce qu’ils ont trouvé un emploi, mais accéder à un premier logement reste difficile. La Fondation met alors à leur disposition de petits logements au loyer modéré, loués pour la plupart auprès de propriétaires privés. Le dispositif compte une dizaine de places, occupées pour l’essentiel par d’anciens mineurs non accompagnés capables d’assumer la charge d’un logement. Deux logements entièrement meublés sont réservés aux situations les plus fragiles. Les jeunes y sont accompagnés par des professionnels de la même équipe, ce qui donne de la continuité à leur parcours. Les demandes passent par le service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO).

Au service des mineurs et majeurs non accompagnés de la Fondation de l'Armée du Salut, à Charleville-Mézières, le sport, la culture et l'engagement bénévole aident les jeunes à se faire une place dans leur nouvelle ville, à prendre confiance en eux et à nouer des liens bien au-delà du service.

Le club de futsal

Né d’un rêve un peu fou, l’Armée du Salut Football Club 08 permet aux jeunes et aux membres de l’équipe de défendre ensemble les couleurs de l’Armée du Salut dans les compétitions de futsal du département. Trois jeunes siègent à son comité directeur aux côtés de trois professionnels bénévoles : ils y prennent des responsabilités et apprennent à faire vivre une association. Le club s’entraîne et reçoit ses matchs dans une salle prêtée par la ville de Charleville-Mézières. Au fil de la saison, le sport transmet des règles, la solidarité, le goût de l’effort et la fierté de représenter une équipe.

L'Ardennes Méga Trail

Des jeunes prennent part à l’Ardennes Méga Trail, dont l’Armée du Salut est partenaire. Certains y courent, d’autres y sont bénévoles, par exemple pour les ravitaillements ou la signalisation. C’est une façon de découvrir le territoire ardennais, de prendre soin de sa santé et de changer le regard porté sur les jeunes venus d’ailleurs.

Bénévoles au Cabaret Vert

Chaque été, une douzaine de jeunes participent, comme bénévoles, au montage et au démontage du Cabaret Vert, l’éco-festival de musique de Charleville-Mézières. Encadrés par deux travailleurs sociaux, ils sont considérés comme des bénévoles à part entière : ils reçoivent leur pass et peuvent assister aux concerts du festival. Des rencontres avec des employeurs y sont aussi organisées, qui ouvrent des portes vers l’emploi.

Culture et sorties

Grâce à l’association Culture du Cœur, les jeunes vont au cinéma, au théâtre, au concert ou encourager l’équipe de basket de l’Étoile. D’autres sorties les emmènent au château de Sedan ou voir des matchs de football, au stade de Reims ou au Stade de France. Chaque année, une grande sortie dans un parc d’attractions réunit les jeunes et une partie de l’équipe. Au service, des soirées film ou des soirées à thème, comme Halloween, rassemblent aussi les jeunes.

Le jardin

La ville de Charleville-Mézières confie au service une parcelle de jardin communal et un accès aux serres municipales. Les jeunes y cultivent des légumes, des aromates, des fruits rouges et des fleurs, au contact des voisins de jardin. Jardiner leur permet de prendre l’air, d’apprendre à s’organiser et de se sentir responsables d’un lieu.

Ouverts sur la ville

Chaque année, le service ouvre ses portes aux partenaires, aux voisins et aux passants lors du Donut Day, autour des beignets d’une tradition de l’Armée du Salut née pendant la Première Guerre mondiale. Avec les centres sociaux de Charleville-Mézières, les jeunes participent aussi à des chantiers jeunes et à des ateliers cuisine. Ces moments font connaître le service et permettent aux jeunes de rencontrer les habitants de leur ville.

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    La Fondation de l’Armée du Salut, sur la base de son projet, mène et coordonne l’action de structures et services sociaux, médicosociaux et sanitaire au service de personnes fragilisées par des accidents de la vie, des dépendances ou des précarités de tout type.

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    La Fondation de l’Armée du Salut compte plus de 200 établissements implantés dans 28 départements et 12 régions. Au sein de ces structures et services, les équipes professionnelles accueillent et accompagnent ceux qui en ont besoin.

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