Au Palais de la Femme, "chaque personne est singulière, avec un passé, une histoire, des espoirs"

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La vie de Laetitia Colombani est bien remplie : des projets à foison et un regard affûté sur les coulisses de notre société. Elle nous raconte comment sa rencontre avec l’Armée du Salut a été déterminante dans son parcours intellectuel et citoyen.

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Laetitia Colombani
Nom, prénom témoignage
Laetitia Colombani, 
Détail sur la personne
Romancière, actrice, scénariste et réalisatrice
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Redacteur
Texte

Comment avez-vous été confrontée à l’accueil des femmes en difficulté ?

Laetitia Colombani : Il y a environ deux ans, en me promenant, mon regard a été attiré par l’immense bâtiment du Palais de la Femme, un établissement de l’Armée du Salut, rue de Charonne, à Paris. Lire les plaques historiques ne m’a pas suffi, j’ai effectué des recherches sur l’action et l’histoire de l’Armée du Salut, avec une fascination d’écrivain, mais aussi de citoyenne. Je me suis toujours intéressée à la condition des femmes dans le monde, et j’ai soudain pris la mesure de ce qui se passait en bas de chez nous.

Les femmes sont plus invisibles que les hommes dans la rue, parce qu’elles se cachent, tellement vulnérables la nuit. Elles sont aussi, hélas, de plus en plus avec des enfants, qu’elles essaient de protéger tant bien que mal. J’ai pris contact avec la directrice du centre qui a pris le temps de me recevoir et de me faire visiter les lieux. J’ai appris à connaître tout ce que les travailleurs sociaux mettent en oeuvre pour aider les femmes accueillies à se sentir en sécurité : être rassurées d’abord, se reconstruire ensuite. Tout cela prend du temps, et l’engagement associatif est admirable dans cet effort permanent de considérer chacune d’entre elles non pas comme une victime, mais comme une personne singulière, avec un passé, une histoire, des espoirs.

C’est précieux pour reprendre espoir

Quelles actions vous semblent  essentielles pour leur réinsertion ?

L.C : Ma première impression, dans ce hall monumental, a été, paradoxalement, celle d’une enceinte de foyer rassurante, qui protégeait les femmes au moment
même où elles en franchissaient les portes, enfin coupées de la rue, et de ses violences. Tout est fait pour qu’elles se sentent en sécurité, avant
d’entreprendre le long travail de reconstruction. Les animations socio-éducatives ou la convivialité de la salle commune sont des espaces où les femmes peuvent retrouver une vie sociale, la solidarité féminine, l’écoute des équipes professionnelles. C’est précieux pour reprendre espoir.