Découvrez le témoignage d'Adel, 26 ans, sans-abri sauvé par l’Armée du Salut

Publié le : 11 mars 2022
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Quand il pense à ses années d’études, à son emploi bien payé, à son grand appartement, Adel (le prénom a été modifié), 26 ans, semble parler d’un passé glorieux. C’était en 2019, depuis il a connu le chômage, la vie à la rue. L’épidémie de Covid-19 a fait voler en éclats ses projets et brouillé son horizon. Découvrez dans ce témoignage comment l’Armée du Salut lui a tendu la main. Témoignage.

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Découvrez le témoignage d'Adel, 26 ans, sans-abri sauvé par l’Armée du Salut
Nom, prénom témoignage
Adel
Détail sur la personne
Résident d'un centre d'hébergement d'urgence
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Redacteur
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« J’ai appris à être indépendant dès l’âge de 17 ans. J’ai quitté le Maroc en 2013 pour poursuivre mes études en France, dans le sud. J’ai décroché un bac S et j’ai continué mes études à l’université où j’étudiais le droit et les sciences politiques. J’aimais étudier mais je devais chercher un petit boulot pour payer le loyer, les factures et les courses.  

Serveur, chargé de clientèle dans la vente et le commerce, je trouvais avec grande facilité du travail, j’étais bien payé et je vivais dans un grand appartement. Tout se passait bien jusqu’au jour où les problèmes personnels comme des ruptures familiales et sentimentales ont commencé à perturber ma vie personnelle. Et ma vie professionnelle surtout : j’ai perdu mon emploi et mon logement quelques semaines plus tard. J’ai basculé dans la précarité, je n’ai pas pu anticiper ! Tous les jours, je visitais le site « Le Bon Coin » pour trouver du travail à la journée et si j’avais de la chance un logement. 

Sans logement, au chômage, je me suis retrouvé sur le carreau. Et en 2020 : le coronavirus ! La crise économique due au Covid-19 m’a fermé des portes. Les restaurants tiraient le rideau, les commerces non essentiels devaient rester fermés après les annonces du gouvernement, les confinements successifs ont accentué la précarité dans laquelle je venais de basculer. Les chances de pouvoir m’en sortir se réduisaient.  

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Depuis deux ans, je vais là où le travail m’appelle. J’ai donc décidé de tenter ma chance à Paris. Mon avenir s’éclaircissait un peu quand les restaurants parisiens commençaient progressivement à ouvrir leur porte à l’été 2020. J’ai commencé à travailler dans quelques restaurants. Mais je ne pouvais pas justifier d’un salaire régulier pour pouvoir louer un appartement. Je dormais donc à l’hôtel : 52€ la nuit. Le peu d’économie que j’avais je l’ai dépensé pour rester à l’abri. Huit ans que j’économisais et j’ai tout perdu en quelques semaines. 

Puis un soir, j’ai dû dormir à la rue. Il ne me restait plus suffisamment d’argent pour payer une chambre d’hôtel. La vie à la rue a coïncidé avec le renouvellement de mon titre de séjour sans lequel je ne pouvais pas travailler. Mais les services de la préfecture n’étaient pas préparés pour gérer les demandes en temps de crise sanitaire. Ma carte de séjour est prête mais le site internet de la Préfecture de Paris est saturé et il est très difficile d’obtenir des rendez-vous pour récupérer ses documents. J’ai payé 285€ pour renouveler ma carte de résident et je dois maintenant payer une majoration de 185€ car je n’ai pas pu me rendre à la préfecture pour récupérer ma carte. Je suis sans ressource et je dois payer 410€ pour obtenir ma carte de résident. 

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Avant d’arriver dans le centre d’hébergement d’urgence (CHU) géré par la Fondation de l’Armée du Salut, près de la gare du Nord, je suis allé aux distributions alimentaires et aux bains-douches de Paris pour rester propre. En février 2021, j’ai été sauvé par la Fondation de l’Armée du Salut qui a ouvert un CHU dans le nord de Paris pour mettre à l’abri 100 hommes isolés. Dans cet « hôtel-CHU », j’ai pu reprendre des forces, les travailleurs sociaux m’ont aidé à préparer des entretiens d’embauche et faire des démarches pour trouver un logement.  

Aujourd’hui, malgré ce que j’ai pu endurer, je garde l’espoir d’un avenir meilleur. L’espoir d’avoir un travail et un logement.