L’Etat de droit menacé, les personnes vulnérables premières touchées !

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Tous les acteurs engagés au côté des personnes vulnérables en France interpellent, en cette fin mars 2024, sur la décomposition encore aggravée de la cohésion sociale et d’un affaiblissement grandissant des droits, dont les personnes vulnérables sont justement les premières victimes.

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Coïncidence des calendriers, cette dernière semaine de mars 2024 a été marquée par trois alertes majeures quant à l’aggravation de la situation des personnes vulnérables en France.

Le 26 mars, la Défenseur des droits a publié son rapport annuel 2023, qui souligne la fragilisation globale de l’Etat de droit et des droits et libertés, et en particulier, « la contestation des droits garantissant des conditions dignes d’existence. (…) Cette fragilisation des droits fondamentaux des personnes en situation de précarité et de vulnérabilité impacte précisément celles et ceux qui rencontrent le plus de difficultés à faire valoir leurs droits et confrontés à l’éloignement des services publics. Cette fragilisation des droits n’est pas nouvelle et s’inscrit dans une tendance de fond. » Sont spécifiquement pointées le recul des droits fondamentaux des personnes étrangères et les atteintes aux droits de l’enfant.

Le 28 mars, dans un avis adopté à l'unanimité, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a alerté sur l'urgence d'apporter une réponse structurée et d’envergure à la crise du logement, pour éviter fracture profonde de la cohésion sociale. Manque de financements publics et de moyens humains, détournement de certains dispositifs, financiarisation non contrôlée du marché de l’immobilier… : les facteurs des inégalités insupportables dans l’accès au logement sont multiples.

Enfin, dans la perspective des Jeux Olympiques de l’été prochain, le collectif Revers de la médaille, dont la Fondation de l’Armée du Salut est membre, a souligné, dans un communiqué du 25 mars, que « la demande de mettre fin au nettoyage social en cours, en particulier à Paris, ainsi qu’instaurer une médiation directe et effective avec la Préfecture de Police n’a pas été entendue. La mise en place d’un centre d’accueil pour les personnes exilées, à l’image de celui pour les personnes déplacées d’Ukraine, se heurte à une politique de l’accueil par la rue. À la demande de débloquer 7 000 places d’hébergement pérennes pour éviter toute situation de rue à l’approche et pendant les Jeux, seulement 200 places supplémentaires ont été prévues en Ile de France », et tous les centres constatent actuellement une paralysie des orientations. A lire ici le communiqué du Revers de la médaille

Quand la dynamique s’inversera-t-elle enfin pour que l’amélioration de la situation des personnes vulnérables en France, l’accès aux droits, la réduction des inégalités et la cohésion sociale redeviennent un objectif réel et central des politiques et du débat public ?

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