L'Armée du Salut
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L’accueil compte en moyenne plus d’une centaine de passages par jour. Certaines dorment dehors, d’autres passent d’un hébergement à l’autre, chez des tiers ou à l’hôtel, sans pouvoir vraiment se poser. Ce sont surtout des hommes, mais aussi des femmes, des jeunes adultes et des personnes qui travaillent sans parvenir à se loger. Beaucoup ont un parcours de migration et attendent la régularisation de leur situation. Ici, chacun trouve un lieu pour souffler, où il est reconnu avec son histoire, et d’où il peut reprendre pas à pas ses démarches.
Toute personne majeure peut entrer, sans donner son nom ni s’inscrire, car passer la porte d’un lieu social n’a rien d’évident. On y arrive orienté par le 115, les maraudes ou les maisons des solidarités de la Ville de Paris, par les guides Soliguide et Watizat, ou par le bouche-à-oreille. Le planning affiché à l’accueil est pensé pour être compris du plus grand nombre.
Au rez-de-chaussée, l’espace d’accueil abrite une cafétéria. Le matin, pain, confiture et boissons chaudes sont servis à table : pour beaucoup, c’est le premier repas après une nuit dehors. Des collations sucrées et salées sont proposées au fil de la journée, et chacun peut demander une carte pour le restaurant solidaire de son choix. On peut aussi s’y reposer, jouer aux dominos et recharger son téléphone.
Au sous-sol, l’espace d’hygiène, lumineux et rénové, permet de prendre une douche sans limite de temps, avec serviette et produits de toilette fournis, et de laver son linge sur rendez-vous. Un espace à part est réservé aux femmes. Se laver et porter des vêtements propres, c’est aussi retrouver de la dignité.
Chaque semaine, des infirmiers d’une équipe spécialisée de soins infirmiers précarité (ESSIP) viennent à la rencontre des personnes pour des soins de base, des conseils et une orientation. Des infirmières de l’équipe mobile psychiatrie précarité (EMPP) rencontrent aussi des personnes en souffrance psychique et les orientent si besoin. L’équipe oriente également vers les permanences d’accès aux soins des hôpitaux et vers des associations qui proposent des bilans de l’audition ou de la vue.
Une vingtaine de professionnels font vivre la Maison du Partage. Les agents d’accueil, premier visage que l’on rencontre, écoutent, orientent et assurent la domiciliation. Les agents de service tiennent la cafétéria et l’espace d’hygiène, attentifs à ceux qui vont mal. Des travailleurs sociaux, éducateur spécialisé et assistante de service social, accompagnent les personnes dans leurs démarches.
Des bénévoles interviennent ponctuellement, par exemple pour des séances de coiffure. La Maison du Partage cherche de nouveaux bénévoles, notamment pour aider aux démarches en ligne. Les missions sont présentées sur la plateforme du bénévolat de la Fondation.
Ici, les personnes ne sont pas seulement aidées : elles prennent part à la vie du lieu. Elles proposent des activités, choisissent les films projetés et animent certains ateliers de cuisine avec l’équipe. Les informations affichées utilisent des pictogrammes et sont traduites en plusieurs langues, pour que chacun connaisse le fonctionnement du lieu.
Une présence spirituelle est proposée régulièrement dans l’espace d’accueil, pour discuter avec ceux qui le souhaitent. Elle aide à rompre l’isolement et à parler de ce qui donne sens à sa vie. Cet accompagnement est ouvert à tous, dans le respect des convictions de chacun et sans prosélytisme.
La Maison du Partage est installée depuis 1995 rue Bouret, près du bassin de la Villette. Le petit immeuble qu’elle occupe appartient à la Fondation. Le réseau des espaces solidarité insertion, qu’elle a rejoint, est né à Paris en 1996 pour aider les personnes en très grande précarité à sortir de la rue.
La domiciliation permet aux personnes sans domicile stable de recevoir leur courrier et d’accéder à leurs droits. La Maison du Partage dispose de plus de 2 600 boîtes aux lettres, rue Bouret et dans son antenne du 27 ter boulevard Saint-Martin, dans le 3e arrondissement. Toute personne qui se présente, familles comprises, peut en bénéficier dans la limite des places disponibles. Elle reçoit aussitôt une attestation et une carte portant son numéro de boîte, et peut suivre l’arrivée de son courrier sur l’application Domifa. Dans un couple, chacun peut ouvrir sa propre domiciliation, pour éviter des difficultés en cas de séparation.
Le courrier se retire aux heures d’ouverture du service, ou par une personne de confiance munie d’une procuration. Rue Bouret, les personnes qui travaillent peuvent, sur justificatif, le retirer lors de certaines ouvertures du week-end. La domiciliation est valable un an et, pour la conserver, il faut se manifester au moins une fois tous les trois mois. Son renouvellement passe par un entretien avec un agent de domiciliation : c’est l’occasion de faire le point et, si besoin, de rencontrer un travailleur social.
Les travailleurs sociaux sont présents chaque jour dans l’espace d’accueil. Beaucoup de personnes viennent d’abord pour un café ou une douche, et c’est au fil des rencontres que la confiance s’installe et qu’un accompagnement peut commencer. D’autres sont orientées par des partenaires, comme les bagageries, ou repérées lors d’un entretien de domiciliation. Chaque année, plus de deux cents personnes bénéficient ainsi d’un suivi individuel.
Le travailleur social les aide à faire valoir leurs droits, à prendre soin de leur santé, à chercher un emploi ou un toit, et à reprendre confiance en elles. Il avance avec chacun, à son rythme, selon ses souhaits et là où il en est de son histoire. Quand les démarches sont lancées et que vient le temps de l’attente, il reste présent pour garder le lien et soutenir un projet.
La plupart des personnes accompagnées cherchent d’abord un hébergement. Les travailleurs sociaux de la Maison du Partage déposent pour elles les demandes d’hébergement et de logement auprès du service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), qui ne peuvent être faites que par un travailleur social, et les tiennent à jour. Ils engagent aussi les recours au titre du droit à l’hébergement opposable (DAHO) et, pour les personnes en situation régulière, les demandes de logement social et les recours au titre du droit au logement opposable (DALO). Ils travaillent en lien étroit avec les acteurs de la veille sociale pour trouver des solutions adaptées.
Chaque semaine, des agents de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) reçoivent les personnes domiciliées, rue Bouret comme boulevard Saint-Martin, pour ouvrir ou renouveler leur couverture santé, qu’il s’agisse de l’aide médicale de l’État (AME) ou de la complémentaire santé solidaire (CSS). Les agents d’accueil vérifient au préalable avec chacun que les conditions sont réunies. Plus d’un millier de personnes y sont reçues chaque année. Une juriste de l’association Droits d’urgence tient aussi une permanence chaque semaine, sur rendez-vous : elle conseille les personnes, les aide à constituer leurs dossiers et à rédiger leurs courriers ou leurs recours.
De plus en plus de démarches se font sur internet, ce qui peut devenir un obstacle quand on n’a ni ordinateur ni connexion. Les agents d’accueil aident les personnes à les réaliser, par exemple pour la Solidarité Transport, l’actualisation du revenu de solidarité active (RSA) ou les démarches auprès de la caisse d’allocations familiales (CAF). Ils les orientent aussi vers les points d’information et de médiation multiservices et les espaces France services de l’arrondissement.
Des ateliers de création ont lieu toute l’année, animés par l’équipe ou par des artistes partenaires. On y peint, on y façonne des objets en argile que l’on peint ensuite, on y compose des collages à partir de photos et de textes de revues. Avec deux artistes, des ateliers de linogravure se tiennent directement dans l’espace d’accueil : chacun grave ses tampons et réalise ses impressions, et des fresques collectives voient le jour. L’atelier collage est né de la demande de personnes que la peinture intimidait : les propositions se construisent ainsi, avec les personnes. Les tableaux sont accrochés dans l’espace d’accueil et les poteries exposées, une manière de reconnaître ce que chacun a créé.
Des séances de cinéma suivies d’un débat sont organisées régulièrement. Dans la petite cuisine de la maison, professionnels et personnes accueillies échangent leurs savoir-faire, puis partagent les plats avec tous ceux qui sont présents à l’accueil. Avec l’association Racines, les participants jardinent dans un jardin partagé, végétalisent les pieds d’arbres situés face à la Maison du Partage et décorent l’accueil de leurs plantations. Des temps de conversation en français, à partir de photos, permettent aussi de pratiquer la langue.
La participation est libre. Pour la plupart des ateliers, on peut entrer et sortir, rester vingt minutes ou deux heures. Certains viennent d’abord regarder, restent un peu plus la fois suivante, puis deviennent des habitués. Des personnes s’installent désormais seules ou à plusieurs dans la salle d’activités, au premier étage, pour continuer à créer en autonomie. Les activités sont ouvertes à tous, y compris aux personnes domiciliées ou accompagnées qui ne fréquentent pas l’accueil.
Les sorties culturelles font découvrir Paris autrement, des grands musées comme le Louvre, le Centre Pompidou ou le Petit Palais aux lieux consacrés à l’art moderne et à la photographie. Les visites sont préparées en amont avec les lieux culturels, quand c’est possible, pour que chacun puisse laisser son sac au vestiaire et suivre la visite, même s’il lit peu ou parle une autre langue. La Maison du Partage prend en charge les transports. Grâce à la billetterie solidaire de l’association Cultures du cœur, les personnes peuvent aussi aller par elles-mêmes au cinéma, au théâtre ou à un événement sportif. Des moments festifs, comme un repas de Noël, réunissent les personnes présentes.
Les femmes sont encore peu nombreuses dans l’espace d’accueil, où les hommes sont très majoritaires. Pour qu’elles s’y sentent chez elles, la salle d’activités leur est réservée une journée par mois : elles peuvent s’y retrouver entre femmes, rencontrer des professionnelles et parler de ce qui les concerne. Des ateliers leur sont proposés à cette occasion, par exemple sur leurs droits. Chaque mois, l’association Camping Care propose des soins de socio-esthétique et de socio-coiffure, une heure pour prendre soin de soi et de son image. Ces temps sont ouverts aux femmes domiciliées rue Bouret comme boulevard Saint-Martin, parfois isolées. Ils les aident à s’approprier peu à peu l’ensemble du lieu, et elles sont plus nombreuses à rejoindre les ateliers ouverts à tous.
Publiée le 03/11/2026
FONDATION DE L'ARMEE DU SALUT
Paris, 75000
CDD
Publiée le 30/10/2026
FONDATION DE L'ARMEE DU SALUT
Paris, 75000
CDI
Publiée le 29/10/2026
FONDATION DE L'ARMEE DU SALUT
Paris, 75011
CDI
Prochaine action le 05/11/2026
Mouzaïa - Dispositifs d'Urgence Alimentaire - Accueil d'urgence
51 Rue Ramponeau, 75020 Paris, France
ponctuelle
Prochaine action le 04/11/2026
Mouzaïa - Restaurant Barbès - Restaurant social
108 Rue des Poissonniers, 75018 Paris, France
ponctuelle
Mouzaïa - Restaurant Barbès - Restaurant social
108 Rue des Poissonniers, 75018 Paris, France
ponctuelle
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La Fondation de l’Armée du Salut, sur la base de son projet, mène et coordonne l’action de structures et services sociaux, médicosociaux et sanitaire au service de personnes fragilisées par des accidents de la vie, des dépendances ou des précarités de tout type.
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