L'Armée du Salut
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Les personnes qui arrivent à la Cité de Refuge ont souvent connu des années d’instabilité : la rue, l’hôtel, le passage d’un centre d’hébergement à un autre. Ce sont des hommes et des femmes seuls, des couples, des familles avec de jeunes enfants, des personnes âgées. Certaines ont connu l’exil et attendent que leur situation administrative soit reconnue. Certains travaillent sans parvenir à se loger, d’autres n’ont encore aucune ressource ou vivent avec une santé fragile. À la Cité des Dames, des femmes seules, sans solution pour la nuit, viennent chercher un lieu sûr. Toutes et tous trouvent ici un abri, une écoute et un accompagnement pour retrouver leurs droits, prendre soin de leur santé, reprendre un travail puis accéder à un logement à eux.
La Cité de Refuge rassemble en un même lieu un hébergement accompagné pour les personnes seules, les couples et les familles, un accueil de jour et de nuit pour les femmes à la rue et un travail adapté à chacun, de quelques heures par mois à un contrat de plusieurs mois. Une personne peut ainsi être hébergée, reprendre pied grâce à un premier emploi, puis accéder à un logement, sans tout recommencer à chaque étape.
Environ quatre-vingts salariés travaillent à la Cité de Refuge, dont une trentaine en parcours d’insertion. Travailleurs sociaux, accompagnants éducatifs et sociaux, psychologue, sage-femme, conseillers en insertion professionnelle, encadrants techniques, animateurs, agents d’accueil, maîtresse de maison et intendante travaillent ensemble pour accompagner chaque personne dans toutes les dimensions de sa vie. Chacun, à sa place, contribue à la qualité de l’accueil et de la vie collective.
Plus de quatre-vingts bénévoles soutiennent les équipes. Ils prêtent main-forte lors des fêtes et des temps forts, animent des ateliers culturels et culinaires, participent à l’aide alimentaire et aux activités des enfants. Une avocate bénévole aide les résidents à faire reconnaître leur droit au logement, et un médecin bénévole consulte chaque semaine à la Cité des Dames. Des résidents donnent aussi de leur temps, en animant un atelier de coiffure ou de cuisine. Des jeunes en service civique accompagnent les enfants pendant les activités et rendent de petits services aux résidents, en particulier aux plus âgés, comme une course ou un passage à la pharmacie.
À la Cité de Refuge, la voix des personnes accueillies compte. Le conseil de la vie sociale, élu par les résidents, porte leurs propositions auprès de la direction et suit les sujets dans la durée. À ses côtés, l’Agora réunit plusieurs fois par an tous les résidents qui le souhaitent, sans mandat ni condition, pour parler librement du quotidien et proposer des idées, que les équipes règlent directement ou confient au conseil. Des commissions sur la restauration et les animations complètent cette démarche. Prendre la parole et voir ses propositions aboutir, c’est aussi reprendre confiance et retrouver une place de citoyen. Lors de la dernière évaluation de la qualité, menée selon le référentiel de la Haute Autorité de Santé, les évaluateurs ont souligné le lien de confiance que les résidents rencontrés disent avoir avec leurs travailleurs sociaux et la chaleur humaine des équipes. Ils ont aussi relevé la richesse des partenariats et celle de l’offre d’activités sociales, culturelles et de loisirs.
En lien avec la Congrégation de l’Armée du Salut, des officiers viennent régulièrement à la rencontre des résidents. Ils partagent parfois le déjeuner et proposent des temps musicaux. Ils offrent une écoute à ceux qui cherchent du sens dans une période difficile, dans le respect des convictions de chacun et sans prosélytisme.
La Cité de Refuge naît de la rencontre d’Albin Peyron, commissaire de l’Armée du Salut, de Winnaretta Singer, princesse de Polignac, mécène qui finance une large part des travaux, et de Le Corbusier, qu’elle impose comme architecte. Première grande réalisation de l’architecte, elle est inaugurée le 7 décembre 1933 par le président Albert Lebrun et accueille alors 500 personnes en dortoirs. Après la guerre, Le Corbusier redessine la façade et ses brise-soleil. Façades, toitures et escaliers monumentaux sont inscrits aux monuments historiques en 1975. Le Centre Espoir, conçu notamment par Georges Candilis, est inauguré en 1978 par Simone Veil et Jacques Chirac. De 2011 à 2015, une grande réhabilitation remplace les dortoirs par des chambres individuelles, des studios et des appartements, et restitue le hall, la rue intérieure et la rotonde d’origine. Des visites du bâtiment peuvent être organisées, guidées notamment par des résidents.
Le centre d’hébergement dispose de 297 places pour des hommes et des femmes seuls, des couples et des familles avec enfants. Il compte 181 chambres individuelles, dont 24 adaptées aux personnes à mobilité réduite, 38 studios pour les couples, six appartements familiaux de deux à quatre pièces et quelques chambres de trois lits. Selon la composition du ménage et son autonomie, le logement dispose ou non d’une kitchenette. Les repas sont servis au self. Une partie des produits vient de circuits courts, et le tri des restes permet de repérer les plats les moins appréciés et de réduire le gaspillage. Les ménages qui cuisinent chez eux reçoivent chaque semaine des fruits et légumes invendus collectés par l’association Biocycle, distribués avec l’aide de résidents volontaires.
Les admissions se font sur proposition du service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) de Paris. Avant l’entrée, la personne rencontre les travailleurs sociaux lors d’un rendez-vous de préadmission, visite sa future chambre et découvre le fonctionnement de la maison. Elle dispose ensuite d’un temps de réflexion pour confirmer son choix. Le jour de son arrivée, elle signe son contrat de séjour avec son travailleur social référent. Environ deux mois plus tard, ils construisent ensemble un projet personnalisé, qui fixe les objectifs et s’ajuste au fil du temps. Dans un couple, chacun a son propre référent, pour pouvoir exprimer ses attentes et avancer à son rythme.
Pour beaucoup de résidents, tout commence par l’accès aux droits : régulariser sa situation, ouvrir une couverture maladie, obtenir des ressources, apprendre à gérer un budget. Les permanences juridiques de l’association Droits d’urgence, présente à la Cité de Refuge, reçoivent chaque année plusieurs dizaines de ménages, en particulier pour des questions de droit des étrangers. Des cours de français permettent aussi de gagner en autonomie dans les démarches comme dans la recherche d’un emploi.
Un psychologue fait partie de l’équipe sociale et reçoit sur place les résidents qui en ont besoin. L’équipe mobile psychiatrie précarité (EMPP) de l’Association de santé mentale du 13e arrondissement apporte son regard sur les situations les plus complexes, et une psychologue du centre médico-psychologique (CMP) du 13e assure des consultations au sein de l’établissement. Pour les personnes confrontées à une addiction, la Cité de Refuge a choisi une démarche de réduction des risques, en lien avec des centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) parisiens, dont l’un tient une permanence régulière auprès des résidents.
Une part croissante des résidents a plus de 55 ans. La mission Interface du Samusocial de Paris aide l’équipe à accompagner les personnes âgées ou en situation de handicap et à trouver avec elles une solution adaptée : résidence autonomie, pension de famille, établissement médicalisé ou travail protégé. Le projet « Adopte un grand-père, une grand-mère » réunit aussi les résidents les plus âgés lors de rencontres, d’ateliers et de sorties qui rompent l’isolement et créent des liens entre générations.
Le logement reste l’objectif. Les travailleurs sociaux évaluent avec chaque personne la solution la plus adaptée, l’aident à déposer et à actualiser sa demande de logement social et à faire valoir son droit au logement opposable (DALO) quand c’est nécessaire, en lien avec des partenaires spécialisés. Dans une ville où se loger est devenu très difficile, ce chemin demande souvent plusieurs années. L’équipe le met à profit pour travailler aussi le « savoir habiter » : ,gérer son budget, entretenir son logement, s’organiser au quotidien, afin que chacun puisse ensuite se maintenir durablement chez lui.
La rue expose particulièrement les femmes aux violences. Beaucoup de celles qui arrivent à la Cité des Dames en ont subi, dans leur pays, sur le chemin de l’exil ou depuis qu’elles sont à la rue. Un accueil entre femmes leur permet de se sentir en sécurité, de souffler et de reprendre peu à peu confiance, en elles comme dans les autres.
L’accueil de jour est ouvert tous les jours de l’année, week-ends et jours fériés compris, sans condition : aucune démarche préalable n’est demandée, et les femmes peuvent venir avec leur animal de compagnie. Elles y trouvent un espace de repos, des douches, une laverie, un vestiaire, une bagagerie, de quoi recharger leur téléphone et une collation. Elles peuvent participer à des ateliers d’information et parler avec un membre de l’équipe, de façon informelle ou lors d’un entretien. Elles arrivent souvent orientées par le 115, les maraudes ou des associations, mais aussi par le bouche-à-oreille.
La halte de nuit offre 34 places de mise à l’abri. Avant d’y être accueillie, chaque femme rencontre une travailleuse sociale, la sage-femme ou la cheffe de service, qui évalue avec elle sa situation et l’urgence de sa mise à l’abri. L’accueil est proposé pour quelques jours, renouvelables, le temps de trouver une orientation adaptée. Un repas chaud est servi chaque soir. Le matin, un petit-déjeuner est distribué en partenariat avec Refugee Food. Quand il n’y a plus de place, l’équipe cherche avec la femme une autre solution sûre pour la nuit.
Chaque femme accueillie la nuit bénéficie d’une évaluation sociale. Les travailleuses sociales l’aident à obtenir une domiciliation, une couverture maladie et, lorsque c’est possible, des ressources, puis à demander un hébergement stable auprès du service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO). Des ateliers animés avec La Cimade informent les femmes sur leurs droits. Certaines peuvent ensuite rejoindre le centre d’hébergement de la Cité de Refuge.
D’anciennes accueillies, aujourd’hui hébergées de façon stable, reviennent à la Cité des Dames comme femmes repères. Elles aident à l’accueil, au vestiaire et à la traduction, et participent à l’animation des ateliers. Leur parcours montre aux autres qu’il est possible de sortir de la rue et facilite la confiance avec l’équipe.
À la Cité des Dames, la santé est une porte d’entrée essentielle de l’accompagnement. Une sage-femme reçoit les femmes dans une salle de soins dédiée : elle évalue leurs besoins, assure les premiers soins et les oriente vers les médecins, les hôpitaux et les centres de santé du quartier. Elle suit les femmes enceintes, les prépare à la naissance et anime des ateliers de prévention sur la contraception, le dépistage ou les violences. Elle accompagne aussi les femmes victimes de mutilations sexuelles qui souhaitent être suivies dans une structure spécialisée, comme la Maison des femmes. Un médecin travaille avec elle sur les parcours de soins les plus lourds. Des psychologues tiennent des permanences, notamment avec l’association La Chaîne et l’Hibiscus, qui accompagne les personnes exilées, et peuvent faire appel à un interprète par téléphone.
Pour les résidents du centre d’hébergement qui ne sont pas encore prêts à reprendre un emploi, des ateliers proposent des missions encadrées et rémunérées par un pécule : plonge, entretien des locaux et des espaces extérieurs, tri des réserves, ou encore visites guidées du bâtiment. Adaptés à la santé et au rythme de chacun, ils permettent de rompre l’isolement, de retrouver des repères et de reprendre confiance. Ils s’inscrivent dans le projet de la personne, qui peut y associer des activités sportives ou culturelles.
Le dispositif Premières Heures, créé par la Ville de Paris, s’adresse aux personnes qui ont connu la rue et pour qui un contrat d’insertion classique serait encore trop exigeant. Elles reprennent une activité à leur rythme, en commençant par quelques heures par mois, avec un accompagnement social global pour lever ce qui fait obstacle à l’emploi. Les encadrants techniques adaptent les tâches à chacun. L’objectif est d’accéder ensuite à un contrat plus long, par exemple dans un chantier d’insertion.
Le chantier d’insertion de la Cité de Refuge emploie chaque année près de quarante femmes et hommes, en contrat à durée déterminée d’insertion. Ils travaillent à l’entretien et à la maintenance du bâtiment, au nettoyage, à la plonge et au service du petit-déjeuner, à l’économat, à la blanchisserie, qui traite aussi le linge de partenaires du quartier, ou à l’atelier couture. Celui-ci crée des pièces à partir de tissus récupérés auprès d’entreprises, vendues à la boutique Rebelle, et travaille pour des clients partenaires. Chaque salarié est accompagné par un encadrant technique, qui lui transmet les gestes du métier, et par un conseiller en insertion professionnelle, qui le reçoit régulièrement et l’aide à lever les obstacles liés au logement, aux papiers, à la langue ou à la mobilité. Des formations en français, en informatique, en accueil du public ou aux premiers secours préparent la suite du parcours. La Cité de Refuge accueille aussi des personnes qui effectuent un travail d’intérêt général.
Au sein de la Cité de Refuge, un référent du plan local pour l’insertion et l’emploi (PLIE) accompagne chaque année plus d’une centaine de personnes éloignées de l’emploi depuis longtemps, dont des résidents du centre d’hébergement. L’entrée dans ce parcours est volontaire. Le référent fait le point avec chacun sur ses compétences et ses attentes, construit avec lui un parcours fait de formations, de contrats et d’étapes d’insertion, puis continue de le suivre pendant les premiers mois de son nouvel emploi.
Intégré au sein du Pôle ESS de la Cité de Refuge, le dispositif PLIE permet la mise en place d’un accompagnement renforcé, personnalisé et individualisé à destination des parisiens éloignés de l’emploi de plus de 26 ans.
Ouvert au public de la Cité de Refuge, il est porté par une référente de parcours PLIE (conseillère en insertion professionnelle) et permet de proposer un accompagnement approfondi prenant en compte la situation globale de la personne. Il vise ainsi à permettre l’accès à l’emploi stable en travaillant progressivement sur la levée des freins à l’emploi.
Il repose sur le volontariat et sur la réalisation de rendez-vous réguliers.
Sur la période 2023-2024, il devra permettre l’accompagnement de 130 personnes.
Cette opération est cofinancée par l’Union Européenne.
La référente de parcours PLIE de la Cité de Refuge s’inscrit dans un plus large réseau de référents PLIE coordonné au niveau parisien par l’EPEC.
Plusieurs sorties sont organisées chaque mois, pour les personnes seules comme pour les familles. Les résidents découvrent des musées, comme le Louvre ou le Centre Pompidou, vont au théâtre, au cirque ou au Parc zoologique de Paris, et partent parfois à la journée, par exemple à la mer. Des concerts et des spectacles complètent ces sorties, avec des partenaires comme Cultures du Cœur ou le Théâtre 13.
Les résidents sont les premiers acteurs de la vie sociale. Ils préparent et animent eux-mêmes des temps festifs, comme une fête d’été dont ils assurent les courses, la cuisine et la musique. Une bourse aux vêtements et des collectes solidaires entretiennent l’entraide. Chaque semaine, l’équipe sociale ouvre aussi le Coffee Time, un moment d’accueil autour d’un café, sans rendez-vous, pour parler de la vie de la maison ou du quartier.
Des artistes et des partenaires culturels proposent des ateliers qui permettent à chacun de créer et de montrer ses talents, par exemple en dessin et en sérigraphie avec l’association Art Exprim, en maquette avec une école nationale supérieure d’architecture ou en photographie. La Cité de Refuge s’associe aussi à des festivals, autour de la musique, du cinéma et de la cuisine. Ces projets favorisent l’expression, les échanges entre cultures et la valorisation des compétences de chacun.
Les enfants ont leurs propres rendez-vous : un atelier d’activités manuelles et sportives chaque semaine, une fête d’anniversaire chaque mois et des activités pendant les vacances scolaires. Des projets créatifs les réunissent aussi, comme la construction et la décoration de canoës avec Petit Bain et un artiste. Grâce à l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) et au programme « Je pars, tu pars, il part », certains résidents, familles ou personnes seules, peuvent partir en vacances.
Les agents d’accueil et la maîtresse de maison veillent sur le quotidien de chacun. Ils accueillent les nouveaux résidents lors de réunions de bienvenue, assurent une ambiance apaisée au self, rendent visite aux personnes les plus fragiles, animent un atelier de musique et n’oublient pas les anniversaires. Un groupe de discussion sur messagerie informe les résidents des activités et des événements à venir.
Tout au long de l’année, des salles de la Cité de refuge accueille des séminaires d’entreprises, conférences, forums, ou événements institutionnels, dans un cadre à la fois professionnel et porteur de sens.
Pour en en savoir plus : contacter Camille Palamaris de Travail & Partage au 06 12 09 95 94 ou envoyer un message via ce formulaire :
Publiée le 29/10/2026
FONDATION DE L'ARMEE DU SALUT
Paris, 75011
CDI
Publiée le 28/10/2026
FONDATION DE L'ARMEE DU SALUT
Paris, 75020
CDI
Publiée le 27/10/2026
FONDATION DE L'ARMEE DU SALUT
Paris, 75020
CDD
Le Palais du Peuple
29 Rue des Cordelières, 75013 Paris, France
ponctuelle
Le Palais du Peuple
29 Rue des Cordelières, 75013 Paris, France
ponctuelle
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29 Rue des Cordelières, 75013 Paris, France
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La Fondation de l’Armée du Salut, sur la base de son projet, mène et coordonne l’action de structures et services sociaux, médicosociaux et sanitaire au service de personnes fragilisées par des accidents de la vie, des dépendances ou des précarités de tout type.
La Fondation de l’Armée du Salut compte plus de 200 établissements implantés dans 28 départements et 12 régions. Au sein de ces structures et services, les équipes professionnelles accueillent et accompagnent ceux qui en ont besoin.