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IAE

Insertion par l'activité économique

L’insertion en SIAE

Afin de jeter des ponts entre ces situations professionnelles fragiles et le cadre standard du travail en entreprise, les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) représentent, pour leur part, une réponse de transition à laquelle plusieurs établissements ont recours.

Leur cadre législatif, posé par la loi de lutte contre les exclusions de 1998, a fait l’objet de deux réformes, en 2005 et 2008, destinés à valoriser cette forme spécifique d’accès au travail. Leur objectif ? Permettre « à des personnes sans emploi, rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières, de bénéficier de contrats de travail en vue de faciliter leur insertion professionnelle », comme le précise le code du travail.

Ces structures fonctionnent comme des entités économiques à vocation sociale : elles produisent des biens et/ou des services et doivent atteindre un équilibre financier, tout en travaillant activement à la réinsertion professionnelle et sociale des personnes employées.

Au sein de la Fondation, elles sont actuellement sept, chantiers d’insertion, atelier d’adaptation à la vie active ou association intermédiaire : embauchant des personnes jusque-là exclues du marché de l’emploi, ces structures leur proposent un contrat de travail à durée déterminée, complété par un accompagnement social et professionnel personnalisé.

La situation de chaque personne embauchée est spécifique : si certains sont par ailleurs hébergés et accompagnés au sein du CHRS auquel la SIAE s’adosse, d’autres disposent d’un logement autonome ou vivent avec leur famille. « Nous suivons une procédure de recrutement formalisée », détaille Hatice Yetis, l’une des coordinatrices des ateliers de Mulhouse, dont l’activité porte sur le tri, la valorisation et la revente d’objets en tous genres.

« Les postes à pourvoir font tout d’abord l’objet d’une diffusion par Pôle Emploi, puis, sur la base des très nombreuses candidatures que nous recevons, je rencontre en entretien plusieurs candidats, la décision de recrutement revenant finalement à la directrice, Hélène Bailleul. » Pour les personnes embauchées, l’objectif de ce type d’emploi est multiple : ne plus rester inactif, enrichir ses savoir-faire et ouvrir ses perspectives professionnelles, tout en travaillant dans un cadre favorisant l’entraide et la confiance en soi.

« Nous assurons un accompagnement personnalisé comportant à la fois un volet social (ouverture de droits, mutuelle de la FADS, dossiers administratifs, etc.) et un volet professionnel », explique Fabien Neyroud, conseiller en insertion professionnelle à Affaires d’entraide, les ateliers d’insertion de Mulhouse. « Et nous nous efforçons de coordonner cet accompagnement avec celui souvent assuré à l’extérieur (par la CAF, etc.), afin d’éviter les doublons », complète Marina D’Angelo, de l’équipe mulhousienne également.

Les SIAE emploient des personnes aux parcours souvent heurtés : « Après avoir été vendeuse et caissière en boulangerie, puis avoir consacré plusieurs années à m’occuper de ma grand-mère malade d’Alzheimer, mon âge et cette interruption de parcours professionnel ont été des facteurs très handicapant lorsque j’ai recherché de nouveau un emploi », témoigne Patricia Pluskota, embauchée aux ateliers de Mulhouse depuis la fin 2008.

« Je travaille avec des personnes qui sont confrontées à des difficultés supérieures à celles que je connais moi-même », reconnaît Samia Mellouli, salariée depuis deux ans aux ateliers de Mulhouse, et dont l’énergie et la bonne humeur communicative favorisent fortement le lien et les échanges au sein de l’équipe.

Des freins multiples

Les freins à la réussite d’une expérience en SIAE sont toutefois nombreux. Outre le faible niveau de qualification et les difficultés spécifiques auxquelles certains sont confrontés (faible maîtrise de la langue française à l’écrit et/ou à l’oral, etc.), les publics accompagnés n’échappent pas aux problématiques structurelles affectant la société française contemporaine : « Les salariés seniors, qui se retrouvent au chômage après 20 ou 25 ans de carrière dans la même entreprise dont ils viennent d’être licenciés, sont en situation très difficile », témoigne Fabien Neyroud.

« Nous travaillons avec un nombre croissant de jeunes majeurs sans formation ni repères, perdus dans la vie sociale », constate, pour sa part, Josyane Seychal, l’autre coordinatrice des ateliers de Mulhouse. Pour dépasser ces freins, les SIAE doivent faire preuve d’innovation et adapter leur cadre de travail. Le parcours de chaque personne accompagnée fait l’objet d’une évaluation régulière, afin de maintenir une dynamique. L’emploi en contrat aidé se veut en effet un tremplin en vue d’une perspective professionnelle pérenne.

Pour cela, la polyvalence est de règle : « Les postes d’agents polyvalents (tri, vente, caisse, etc.) permettent aux personnes accompagnées de varier leurs apprentissages », indique Fabien Neyroud.

C’est pourquoi aussi la SIAE s’adapte lorsque le salarié décroche une formation ou un emploi à l’extérieur : « Le contrat CAE peut être suspendu pour permettre au salarié de réaliser une période d’essai ou de formation dans une entreprise », explique Emmanuel Cascaro, qui coordonne les ateliers de Lyon et du Chambon sur Lignon. « Nous travaillons davantage sur le savoir-être que sur les savoir-faire (la plupart des contrats sont limités à 6 mois), et les salariés trouvent souvent à leur sortie un contrat dans une structure plus proche de l’emploi « classique », de type entreprise d’insertion ».

Autre axe porteur : la collaboration étroite entre la SIAE et le CHRS auquel elle se rattache permet d’assurer une « unité de réinsertion » favorable aux parcours individuels.

A Rouen-Maromme, des résidants du CHRS travaillent par exemple aux ateliers d’adaptation à la vie active : « Afin que cette période d’activité s’harmonise et favorise le projet personnalisé du résidant, nous travaillons de concert avec le service éducatif de la Résidence du Vieux marché et sa responsable, Sylvie Laroche », explique Philippe Baron, coordinateur des ateliers de Maromme. Autre exemple : au CHRS de Radepont, la psychologue du CHRS intervient en appui des salariés du chantier d’insertion.

Les avantages des SIAE sont donc nombreux, même si leur alchimie et leur équilibre demeurent fragiles. Pour l’établissement auquel la SIAE s’adosse, les retombées peuvent être très positives en termes de partenariats locaux, de notoriété et d’implantation territoriales.

Pour les personnes qui travaillent en SIAE, la consolidation du parcours professionnel peut aller de pair avec les bénéfices liés à la mixité sociale et à la solidarité d’équipes de travail pas tout à fait comme les autres. Enfin, ces structures peuvent apporter des réponses aux multiples nouvelles formes de précarité contemporaines, dans un cadre collectif solidaire.