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Tous égaux en matière de soins ?

« Liberté, égalité, fraternité », affirme la devise de la République française… mais force est de constater qu’aujourd’hui, il y a loin de la coupe aux lèvres. Le principe d’égalité est particulièrement malmené ces temps-ci, de nombreuses personnes en situation de précarité peuvent en témoigner, en particulier en matière de santé. La Fondation de l’Armée du Salut, dans son accompagnement quotidien de milliers de personnes, travaille contre ces inégalités inacceptables. Celles et ceux couverts par la CMU (ou par l'Aide médicale d'État dans le cas des personnes étrangères) se heurtent souvent à un accès très difficile aux soins dont ils et elles auraient, pourtant, besoin. En 2006 puis en 2008, l'Observatoire des Inégalités commandait par exemple une étude à l'Irdes (Centre de recherche en économie de la santé). Développée auprès d'un millier de médecins exerçant en Ile-de-France, il s'agissait de mesurer le taux de refus de soins imputables à la CMU. Les résultats obtenus se passent de commentaires : à Paris, 28,1 % des ophtalmologistes et 31,6 % des dentistes refusaient les soins aux porteurs de CMU. Dans le Val-de-Marne, 44,4 % des gynécologues et 40,9 % des pédiatres faisaient de même ! 

Déjà inadmissibles pour toutes les personnes très démunies, mais disposant d'un toit, ces refus deviennent bien souvent dramatiques quand ils concernent des personnes vivant à la rue. Que deviennent ces dernières quand, par exemple, elles doivent être hospitalisées ? Bruno Guibout, directeur des Moulins de l’Espoir, l’établissement lillois de la Fondation de l’Armée du Salut, analyse : « Les hôpitaux agissent avec les personnes sans domicile fixe comme avec les autres publics : ils ont besoin de libérer les lits, alors ils renvoient les gens “chez eux” dès que possible. Sauf que ces personnes n'ont pas de “chez soi” où poursuivre tranquillement les soins postopératoires. Alors d'une petite fracture, on passe à une deuxième, puis à des complications parfois très lourdes ». 

«Une priorité absolue »

Pour trouver une solution face à ce constat profondément inacceptable, les Moulins de l’espoir ont ouvert fin 2008 un nouveau dispositif : les Lits Halte Soins Santé (LHSS). Au sein de cet établissement où plusieurs centaines de personnes sont accompagnées chaque année dans leur parcours d’insertion, le LHSS occupe cinq chambres où sont accueillies les personnes sans domicile connaissant de graves problèmes de santé ou qui sortent d'hospitalisation avec la nécessité de soins médicaux réguliers. Cet exemple n’est pas un cas isolé : pour favoriser un premier accès à la santé pour les personnes en précarité, tous les établissements de la Fondation entretiennent depuis longtemps de nombreux partenariats. Par exemple, Pause Café, l’atelier et chantier d’insertion du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, travaille avec la CPAM départementale pour un accompagnement psychologique des salariés en insertion. Quand cela est budgétairement possible, certains établissements proposent également des interventions en interne : permanences médicales gratuites, séances d'information, ateliers de sensibilisation à l'hygiène et à la nutrition, cours de sports pour se maintenir en forme, écoute psychologique, etc. Beaucoup d’efforts sont faits pour que les personnes accueillies puissent prendre soin de leur santé… et donc, reprendre goût à la vie. « L'insertion ou la réinsertion des personnes, cela passe par la santé, souligne Elias Tabachéry, chef de service de l’accueil de jour Au cœur de l’espoir, à Dunkerque. Pour nous, c'est une priorité absolue ! » 

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