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Le bien vieillir sous le Soleil d’Aquitaine

Les domaines agricoles font la fierté du Sud-Ouest. Marmande et Agen ont donné leur nom à des variétés de fruits et légumes. Mais il n’est pas rare, en ce début de XXème siècle, de voir encore des couples de journaliers ou de travailleurs agricoles parcourir la campagne après les récoltes. Leurs maigres biens entassés sur une charrette, ils traînent leur destinée de ferme en ferme, à la recherche d’un employeur qui voudra bien leur assurer la subsistance pour une nouvelle saison. L’avenir des plus âgés, dont la vigueur s’amenuise au fil des ans, est encore plus aléatoire.

Édifié en 1759, le Domaine d’Escoutet, près de Tonneins, a vu passer plusieurs générations de ces gagne-petit, la silhouette courbée par le labeur, le visage buriné par les intempéries. La maison de maître et la métairie se blottissent à l’ombre d’un majestueux séquoia. Ici, le temps s’écoule, paisible, sous le généreux soleil du Lot-et-Garonne. Mais l’ancienne exploitation agricole est vendue, en 1909, à la Société du catéchuménat pour les jeunes protestants disséminés ou moralement abandonnés, qui y crée une école protestante et un internat pour vingt-quatre garçons. Cette entreprise ne durera guère.

En 1926, l’Armée du Salut, sous la direction énergique des commissaires Albin et Blanche Peyron, s’intéresse à la propriété pour en faire une « douce maison de retraite pour vieillards des deux sexes, célibataires ou mariés ». Elle pourra en disposer à des conditions avantageuses, en attendant de la racheter en bonne et due forme. Ce sera fait en 1942, pour la somme de 50.000 francs.

L’inauguration a lieu à la fin de l’été 1928. La maison, qui s’appellera bientôt « Le Soleil d’Automne », assure à une vingtaine d’anciens ouvriers agricoles une fin de vie digne dans une atmosphère familiale. Mais la Seconde Guerre mondiale va bousculer la tranquillité de l’établissement. Un soir, on frappe à la porte. Un couple de confession juive demande l’hospitalité. La maison est pleine de pensionnaires, mais on reçoit les nouveaux arrivants. Quinze autres fugitifs suivront. Paul et Lily Tzaut, les directeurs de l’époque, avec la complicité de leurs enfants, les accueillent, les cachent ou les abritent sous de fausses identités. La plupart auront finalement la vie sauve. Mais la famille Tzaut court un risque énorme. Contrôle de cartes alimentaires, soupçons, nuits sans sommeil… La tension est à son comble quand un jeune pilote allemand fait un atterrissage de fortune à proximité. Deux soldats restent sur place plusieurs jours pour garder l’appareil, sans s’apercevoir qu’ils partagent le même toit que leurs victimes désignées. Quand l’Armée du Salut est dissoute en 1942, l’établissement poursuit son activité sous l’égide de la Communauté des diaconesses de Reuilly, en attendant la Libération.

En 1976, un nouveau pavillon porte la capacité d’accueil à 46 résidents, dont des bénéficiaires de l’Aide sociale. Une section médicalisée est ouverte en 1981, puis agrandie en 1985. Dès 1992, la refonte complète de l’établissement comprend la réhabilitation des anciennes constructions et le réaménagement de la prise en charge gérontologique. L’hébergement se fait en chambres avec sanitaires, réparties en quatre unités de vies. L’aménagement des chambres peut être personnalisé. Salons de lecture, kitchenettes, lieux de détente, permettent aux résidents d’organiser leur vie quotidienne en limitant les contraintes d’une collectivité.

Visitez le site internet de l'établissement.