| 1641
- 1904 : un couvent
Le bâtiment actuel est construit à l’emplacement
de l’ancien couvent des Filles-de-la-Croix.
Cette communauté dominicaine s’est établie
en 1641 sur un vaste domaine de quarante-deux
hectares.
Cyrano de Bergerac aurait été inhumé
dans le cimetière du couvent, en 1655, grâce
au privilège accordé par sa tante, la
prieure Catherine de Cyrano. On dit que le lieu où
il repose se trouverait « sous le meuble du fond
de la bibliothèque du Palais de la femme ».
Expulsées en 1792, les religieuses ne réintégreront
les lieux qu’en 1825, comme simples locataires.
En 1888, le percement de la rue Faidherbe ampute la
propriété. Le couvent est fermé
en 1904, et démoli deux ans plus tard |
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Merci
Mme Lebaudy !
Mme Lebaudy, née Amicie Piou en 1847, est issue
d'une famille de la grande bourgeoisie provinciale.
Elle épouse à 16 ans Jules Lebaudy et
monte à Paris où elle tient salon, fréquenté
par les grandes familles catholiques.
Au moment où Jules Lebaudy, par le biais de
ses jeux en bourse, cause la faillite d'une banque et
de milliers de petits épargnants, Amicie prend
conscience devant son salon déserté que
son mari est un "grand coquinos". Elle considére
que l'argent de sa fortune est sale. Il lui est pourtant
légué à la mort de son mari, survenue
peu de temps après.
Mme Lebaudy consacrera dorénavant ses revenus
à des oeuvres sociales qu' elle dirige de son
petit deux-pièces à St-Lazare, où
on la prend pour une pauvresse. Elle crée le
Groupe des Maisons Ouvrières, mais elle reste
inconnue de celui-ci jusqu'au lendemain de sa mort.
Auparavant, seul le président du Groupe recevait
d'elle, directement de la main à la main et sans
reçu, les sommes nécessaires aux achats
des terrains et à la construction de ces groupes
d'immeubles.
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1904 - 1926 : Le Groupe des maisons
ouvrières
De 1904 à 1910, le terrain de l'ancien couvent
des Filles-de-la-Croix reste inoccupé.
En 1910, les architectes Labussière
et Longerey édifient pour la Fondation "Groupe
des Maisons Ouvrières" un "hôtel
populaire pour hommes célibataires", le
premier du genre en France. L’édifice comprend
alors sept cent quarante trois chambres, sur une surface
au sol de plus de trois mille sept cent mètres
carrés.
En 1914, la Grande Guerre vide la
population du foyer constitué d'hommes célibataires
appelés à se battre. Le bâtiment
devient, provisoirement, un hôpital de guerre.
L'armistice de 1919 est l'occasion
pour le Ministère des Pensions d'y installer
ses bureaux, qu'il déménagera dès
1924.
Particulièrement sensibilisée à
la précarité à laquelle sont livrées
les jeunes femmes seules, l’Armée du Salut
veut racheter le bâtiment. Albin
Peyron, chef de l’Armée du Salut en
France, est un homme entreprenant. Pour réunir
les trois millions cinq cents mille francs-or nécessaires
à l’acquisition, soit un peu plus de onze
millions de francs papier de l’époque,
il lance, en janvier 1926, une grande
campagne de souscription.
Secondé par son épouse Blanche
Peyron, il constitue un Comité d’honneur.
Le Président de la République, Gaston
Doumergue, accorde son haut patronage. De Paris et de
province, les dons affluent. Un don de mille francs
permet l’aménagement d’une chambrette
d’environ neuf mètres carrés, qui
sera louée cent, cent vingt ou cent cinquante
francs par mois. Les donateurs peuvent faire apposer
leur nom ou une exhortation sur les portes des chambres.
L’inauguration a lieu le
23 juin 1926. |