Armée du Salut - Établissements - Actualités

NewsletterSalut

Abonnez-vous à notre Lettre d'information :

Accès rapide
Sondage express

Quelle action de solidarité préférez-vous entreprendre pour combattre la pauvreté ?

Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Brèves d'actu

Les actualités

Réinsertion : en finir avec les stéréotypes

Le journal Libération, dans son édition du 19 juillet, vient de publier une tribune d''Alain Raoul, directeur général de la Fondation de l'Armée du Salut.

Sans domicile fixe, sale, souvent alcoolique, potentiellement violent et souffrant de troubles psychiques, voici le profil type correspondant, dans l’imaginaire collectif, à l’étiquette : «personne en grande difficulté sociale ». Il y a pourtant, sous cette étiquette, de nombreux visages. Et c’est parce que l’apparence physique de certains peut être choquante, voire effrayante, que ce stéréotype est né et s’est incrusté dans les esprits. 

Mais la réalité est tout autre. L’exclusion sociale est un fléau qui touche aussi le salarié sous contrat précaire, qui ne parvient pas à payer son loyer, la femme avec enfant victime de violences conjugales, le jeune sans formation à la recherche d’un emploi, la personne sortant tout juste de prison, etc. Or la grande majorité de ces personnes, bien qu’en grande difficulté, n’est ni alcoolique ni violente. Et pourtant, toutes, quelles que soient les raisons de leur exclusion, sont victimes de ces idées reçues. 

L’Armée du Salut, acteur majeur de la lutte contre l’exclusion depuis plus de 130 ans, aide, chacune de ces personnes, aux profils et vies différents, à se reconstruire. En fonction des problématiques rencontrées, les travailleurs sociaux les accompagnent aux portes de la réinsertion, quelles que soient leurs difficultés.  

Or c’est à la dernière étape du long chemin vers la réinsertion que la persistance de tels stéréotypes, dans notre société, est profondément nuisible pour ces personnes. Quel est le point commun entre un propriétaire qui refuse de louer un appartement à une femme longtemps hébergée dans une résidence sociale et un employeur, qui refuse un entretien à un demandeur d’emploi qui réside dans l’un de nos établissements sociaux ? Comment expliquer les obstacles qui se dressent devant les associations quand il s’agit d’organiser, dans certains quartiers, une distribution alimentaire d’urgence ou même de maintenir ouverts certains établissements sociaux, dans des communes où la mixité sociale n’est pas de mise ? La réponse est simple : l’idée reçue selon laquelle une personne en difficulté, qui reçoit une aide, a généralement une attitude présumée violente ou instable ou un penchant pour l’alcool. Et ce stéréotype est suffisamment prégnant pour être dissuasif. 

Il est évident que tout le travail d’accompagnement effectué par les associations se trouve alors rapidement mis à mal ; d’où l’urgence de combattre la persistance de ces stéréotypes. 

Combattre une idée reçue est une tâche difficile du fait de sa nature même. Mais elle n’est pour autant pas impossible, si l’on agit en amont pour limiter leur transmission de générations en générations. 

L’arrivée au pouvoir d’une nouvelle majorité, qui entend refonder le cadre de l’enseignement scolaire, est l’occasion d’agir sur les valeurs transmises aux plus jeunes. Il faut saisir cette opportunité pour mettre l’accent sur ce sujet, dès les séances d‘instruction civique dispensées au primaire. A l’instar du stage en entreprise, les élèves de classe de 3ème pourraient également avoir la possibilité de faire un stage d’observation auprès des associations accueillant des personnes en grande difficulté, afin de se faire une idée précise des difficultés que rencontrent ces dernières. Autant de pistes que nous trouvons urgent de creuser.