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Accueillir et accompagner les victimes de traite des êtres humains

Selon les données fournies en 2019 par les associations accompagnant des victimes, un tiers des victimes de la traite des êtres humains subissent de multiples formes d’exploitation. Cet esclavage moderne concerne aussi bien les enfants, les hommes et les femmes. Même si ce sont souvent ces dernières (1/4 sont mineures) qui sont le plus exploitées au travers notamment de la prostitution ou du travail domestique non déclaré ou bien encore de la mendicité forcée. Ces personnes sont victimes de multiples pressions comme la privation de leur papier d’identité ou la menace de violence physique en répercussion d’un « travail » non satisfaisant.

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De l’urgence de l’accueil à l’accueil de la parole
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De l’urgence de l’accueil à l’accueil de la parole

Dans nos établissements, nous accueillons des personnes victimes de cet esclavage moderne. Il faut prendre le temps pour que la parole se libère et qu’un accompagnement spécifique puisse se faire. L’urgence, comme pour toutes les personnes que nous accueillons, est de satisfaire les besoins premiers de mise à l’abri et à l’écart de tout danger. Une fois que cette personne victime de l’esclave moderne se sentira en sécurité, une parole de confiance pourra être échangée et une évaluation fine de la sa situation pourra alors être effectuée. Une action pourra, par exemple, être menée autour de la protection de cette personne, de ses proches et tout mettre en œuvre pour qu’ils soient mis à l’abri de représailles ou d’intimidations de la part des criminels auteurs de cette traite des êtres humains. Après cette action de protection enclenchée, le temps d’un accompagnement plus long, plus administratif et juridique est débuté. Un travail psychologique, médical, administratif et judiciaire a lieu alors. L’ensemble de cet accompagnement des victimes de traite des êtres humains se fait sur un temps long où il peut très bien y avoir des temps d’arrêt, de renoncement, de peur… Les professionnels de la Fondation de l’Armée du Salut sont formés à accueillir ces difficultés et à travailler avec les personnes dans un temps non contraint. Les personnes que nous accueillons ne parlent pas forcément bien le français. Cette difficulté peut être un obstacle à la bonne compréhension mutuelle. Aussi, le recours à des services d’interprétariat est fondamental. Ce qui importe c’est que ces victimes se sentent accueillies, que leur parole soit prise au sérieux et que tout soit mis en œuvre pour que cessent ces violences. Il y a un temps pour la reconstruction et aussi un temps pour que la justice soit saisie pour mettre fin à ces crimes.

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Former les professionnels

Les professionnels de la Fondation de l’Armée du Salut bénéficient d’une formation spécifique pour accueillir, prendre en compte et ouvrir vers un avenir toutes les personnes rencontrées victimes de la traite des êtres humains.

Identifier les victimes de la traite des êtres humains

Un premier pan de cette formation est de savoir reconnaître, dans le récit des personnes, ce qui peut être une forme d’esclavage moderne. Le travail social n’est pas une enquête de police ou de justice. Il cherche d’abord à ouvrir un chemin pour restaurer la personne dans sa dignité et ses droits, mais peut conduire à saisir les autorités. Ce travail de détection de victimes d’esclavage moderne se fait à partir d’indicateurs créés par les grandes organisations (ONU, Croix Rouge…).

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Une relation de confiance doit se nouer entre victime et professionnels
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Créer les conditions pour que les victimes prennent la parole

Souvent par personne victime de la Traite des Êtres humains n’arrivent pas à parler et à s’identifier comme telle. C’est là où le travail de nos professionnels est aussi important. Dans la relation qu’ils nouent avec la personne, ils mettent en place des conditions pour une prise de parole qui non seulement libère et lui permet de se sentir en sécurité. Quelques principes généraux permettent de conduire, avec professionnalisme et dans la sérénité, ces entretiens.

  • Protéger la confidentialité et s’assurer de la sécurité
  • Créer un climat de confiance, sans jugement
  • Assurer la participation et l’autonomisation de la personne, victime
  • Prendre soin du bien-être émotionnel et psychologique
  • Se rendre disponible et informer de l’existence de relais
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La lutte contre la traite des êtres humains : un travail partenarial

Chaque association ou partenaire a sa spécificité et son expertise propres. Un travail d’échange sur les situations des personnes, la manière dont se fait la prise en charge des victimes et les actions menées pour mettre fin à ces crimes sont des pratiques courantes. Également, l’ensemble des acteurs mobilisés contre ces atteintes à la dignité des personnes peuvent se rassembler pour dénoncer des situations conduisant à la traite des êtres humains.

Par exemple, le collectif Missing Children Europe, basé en Belgique, s’est monté récemment afin de mettre en lumière la « disparition » de Mineurs Isolés entrés sur le territoire de l’UE. En quête d’une situation plus stable, ils peuvent fuguer (donc disparaître) des lieux d’accueil et devenir la proie des réseaux de traite, derrière la promesse de les aider dans la régularisation de leur situation ou de leur donner les moyens pour rejoindre la famille. Pour pallier cette situation, les organismes de ce collectif ont lancé une série de recommandations qui va de la formation des travailleurs sociaux, forces de l’ordre, agents de frontières et de douanes… à la création de brochures à distribuer aux mineurs dans leur langue d’origine sur les parcours légaux existant pour rejoindre leurs familles dans d’autres pays.

De même, une équipe de journalistes, Lost in Europe, dénonce la disparition des mineurs accompagnés sur le sol européen en soulignant le possible lien avec l’exploitation des mineurs dans différents domaines