Type de la publication
Actualité

1881-2021 : 140 ans de présence de l’Armée du Salut en France. Les débuts d'une croissance

Publié le : 7 juin 2021
Texte présentation

Depuis mars 1881, le trio salutiste persévère dans son action à Paris. Il est rapidement renforcé. De Londres, arrivent quelques nouvelles officières : Elizabeth Clarke, Lucy Johns, Blanche Young et Kate Patrick. Deux hommes, Herbert Booth et Arthur Clibborn, complètent le détachement.

Image à la une
1881-2021 : 140 ans Armée du Salut France Histoire Patrimoine Croissance Salutistes Officiers Londres Paris
Blocks
Redacteur
Texte

Ces jeunes filles en chapeaux cabriolets, qui commençaient leurs réunions en jouant de la guitare ou du tambourin, et plus tard ces jeunes hommes en uniformes, ont tout d’une curiosité : tout paraît atypique et cocasse dans ce que Louis Desprez1 décrit comme une « secte hallucinée et hallucinante ». Le regard des contemporains est aussitôt polarisé sur les originalités de l’Armée, que Guy de Maupassant présente comme une « église d’opéra-bouffe ». Il écrit :
« Les meilleures farces du Palais- Royal n’atteignent pas au niveau de ce qu’on raconte de cette association religioso-militaire ».

Le spectacle original de ces jeunes gens annonçant l’Évangile dans Paris attire railleries et quolibets. Cheffe de la mission salutiste, Catherine Booth est affublée du surnom de « Maréchale ». Elle le revendique, ce grade devient sa marque. Sa biographe, Louise de Croisilles, pourra dire : « Que l’on ne s’y trompe pas, il ne sort pas du domaine du naturel que l’Armée ait pu prendre racine aux Indes ou sous le soleil d’Afrique ; mais c’est chose incroyable qu’elle ait été acceptée à Paris, le centre même de la libre pensée et de l’incrédulité. »

Block: Texte + Image
Texte

Toutes   ces    extravagances    attirent le public. Comme la salle de la rue d’Angoulême (Paris 11e) est située au fond d’une impasse mal aisée, il devient nécessaire de trouver de nouveaux locaux de réunions. À l’automne 1881, l’Armée du Salut s’installe dans une vieille fonderie, au 187 quai Valmy (Paris 10e). Sous une charpente de fer, remontée devant le canal Saint- Martin après l’exposition universelle de 1867, s’offre un vaste espace de 1 200 places.

Le bâtiment présente   encore   les   stigmates des combats de la Commune de 1871. L’aménagement de la salle nécessite beaucoup de travaux et les évangélistes se font ouvriers. Un ami de l’œuvre naissante, Louis Sautter, soutient financièrement l’opération. Le dimanche 23 octobre, l’édifice accueille son public. Surmontée d’un drapeau tricolore, la façade affiche en lettres majuscules « Conférences publiques - Armée du Salut - Entrée libre et gratuite ». La porte cochère s’ouvre sur un hangar illuminé par une verrière d’atelier et par des becs de gaz. Deux poêles tempèrent les lieux. La salle est meublée de simples bancs pour l’assistance, un seul interdit s’affiche à l’entrée : Ne pas fumer. Au fond, une vaste estrade, ornée des drapeaux salutiste et français, reçoit la totalité des officiers salutistes œuvrant alors sur le continent. À la fois Salle Centrale et quartier général, le quai de Valmy devient l’épicentre de la croissance de l’Armée du Salut en France. 

Marc Muller, Sergent Major du poste de Paris

Type de la publication
Actualité