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L’Ordre du Fondateur : la plus haute distinction de l’Armée du Salut

Publie le : 14 août 2019
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274ème récipiendaire de l’Ordre du Fondateur, Philippe Clément (OF), responsable national des scouts de l’Armée du Salut en France et en Belgique, a reçu le 7 août 2019 la plus haute distinction de l’Armée du Salut, à l’occasion des 100 ans du scoutisme salutiste en France. C’est le premier homme salutiste français à être décoré. Avant lui, 5 femmes salutistes françaises ont reçu la médaille pour leurs « éminents services ».

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L’Ordre du Fondateur : la plus haute distinction de l’Armée du Salut-Londres-aout-2019
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« Mes meilleurs hommes sont des femmes », William Booth

C’est le 20 août 1917 que l’Ordre du Fondateur est créé, à Londres. Cinq ans après le décès de William Booth, fondateur de l’Armée du Salut. C’est l’Ordre du Mérite de l’Armée du Salut, il est accordé au niveau international et décerné aux officiers et soldats qui « se sont signalés par une action de distinction, ou un service particulièrement remarquable dont William Booth aurait spécialement apprécié l’éclat ou l’esprit ». 

1917, la Première Guerre mondiale a déjà ravagé l’Europe entière. L’adjudante Françoise Carrel et la capitaine Lucie Gaugler sont au poste de l’Armée du Salut à Reims. « Ces derniers temps surtout la vie y est difficile, car les bombardements sont très fréquents », raconte Françoise Carrel, lors d’une réunion des salutistes à Paris, en 1917. Pendant toute la durée de l’occupation allemande du nord de la France, Reims a subi un bombardement presque continu. Alors que la ville est détruite, la cathédrale de Reims est en proie aux flammes et que la population civile est évacuée, Françoise Carrel et Lucie Gaugler restent à Reims pour aider, d’abord, les civils à quitter la ville et ensuite secourir les réfugies et les blessés, puis les militaires en transit et jusqu'à l'arrière du front. « Mes journées se passent à faire des visites non seulement dans les maisons restées debout, mais aussi dans les caves, où l’on trouve toujours (…) des personnes que le danger y a conduites (…). Je fais ce que je peux pour soigner les malades, car les obus à gaz asphyxiants en ont fait de nombreux (blessés) ces derniers temps », rapporte l’adjudante. 

Trois ans après la création de l’Ordre du Fondateur, les premières médailles sont décernées. En 1920, ce sont Françoise Carrel et Lucie Gaugler qui sont les premières décorées de l’Ordre du Mérite de l’Armée du Salut pour leur engagement durant la Grande Guerre. 

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L’Ordre du Fondateur : la plus haute distinction de l’Armée du Salut-Amirale-Gerogette-Gogibus-FADS-aout-2019
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38 ans après, en 1958, une troisième française salutiste est décorée : la Major Georgette Gogibus, Officière en charge de l’asile flottant. Son « action de distinction », l’Amirale comme l’appelait ses protégés l’a réalisée sur la barge de l’Armée du Salut, la Péniche Louise-Catherine amarré au quai d’Austerlitz, à Paris dans le XIIIème arrondissement, où l’Armée du Salut y assure les services d’accueil des personnes sans-abris. Travailleurs précaires, personnes sans ressources, sans-abris, jeunes poètes… tous les soirs une centaine d’hommes isolés viennent se mettre à l’abri pour recevoir un repas gratuit et dormir. Construite par l’architecte Le Corbusier, en 1930, la Péniche a accueilli les personnes en détresse jusqu’en 1994. 

Née en 1905, pharmacienne de métier, Georgette Gogibus découvre l’Armée du Salut en 1930. Elle a commencé par prêter main forte aux équipes de la Cité de Refuge, qui venait d’ouvrir ses portes, à Paris. A vingt-huit ans, elle apprend à servir les pauvres, les démunis, visitant des taudis où la misère était indescriptible, apportant réconfort et conseil. Elle œuvre au sein de la Péniche, aussi connu sous le nom de l’asile flottant, pendant deux décennies. En 1958, le général Kitching lui remet l’Ordre du Fondateur.

Au coeur de la « Ceinture de la misère »

Lydia Degoumois a été la quatrième Française à être décorée. Née en 1889, elle est enrôlée soldat en 1922, en Suisse. Elle devient infirmière et travaille à la Cité de Refuge à partir de 1933. Elle œuvre ensuite au sein du « Service de la charité », rue du Chemin Vert près de la Bastille. 

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« La sergente Degoumois s’est également distinguée par ses actions auprès des enfants défavorisés dans la zone des fortifications de Paris (vidéo ci-dessous), entre la Première Guerre mondiale et 1960. Ces fortifications autour de la capitale ont été érigées vers 1840 », explique Marc Muller, historien de l’Armée du Salut et sergent-major au Poste de Paris. Les fortifications étaient également connues sous le nom de la « Ceinture de la misère ». La zone accueillait une série des bidonvilles en taule, en bois, dans lesquelles les populations d’ouvriers vivaient dans des conditions précaires. Proche des zones de fortification, la Cité de Refuge assurait des actions de soins et d’accompagnement auprès des enfants des bidonvilles. La sergente Degoumois rendait visite aux personnes qui vivaient dans les baraquements, les roulottes et les taudis.

Après 34 ans consacrés aux femmes, aux hommes, aux enfants, abandonnés, vivant en marge de la société, elle reçoit le 11 novembre 1967, à l’occasion du Congrès national de l’Armée du Salut, au Palais de la Femme, à Paris, l’Ordre du Fondateur.

Elle a été décorée pour ses missions auprès des enfants malades. Elle était celle qu’on appelait la conteuse de l’hôpital pédiatrique ou Marjorie, contraction entre Major et Marguerite. La Major Marguerite Lautier, Officière de l’Armée du Salut, s’était rattachée à l’association « Animation loisirs à l’hôpital », en 2000. Arrivée à la retraite, elle rendait visite aux enfants hospitalisés à l’hôpital Robert-Debré, à Paris (XIXème arrondissement) pour offrir de la tendresse, de la distraction et un brin de pédagogie, au service chirurgie orthopédique. Victimes d’accidents, de traumatismes, ou de maladies congénitales, ces enfants étaient cloués au lit ou en chaise roulant. 

 « Si je donne ma tendresse à ces petits c’est une forme de reconnaissance à Dieu pour la grâce qu’il m’a faite », disait-elle. En décembre 2000, elle reçoit des mains du Général John Gowans la plus haute distinction de l’Armée du Salut pour son infatigable ministère auprès des enfants.

Saluant l’engagement des femmes salutistes dans les œuvres de bien commun, le Fondateur de l’Armée du Salut, William Booth, avait eu ces mots : « Mes meilleurs hommes sont des femmes ». 

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