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Avoir 12 ans et peindre pour remodeler une estime de soi

Publié le : 19 mars 2020
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La Villa Blanche Peyron, de la Fondation de l’Armée du Salut, à Nîmes, transforme les fragilités des enfants en force. L‘établissement accueille des jeunes bloqués dans leurs apprentissages et les aide à lever ces blocages, en les accompagnants tant sur le plan thérapeutique, qu’éducatif et pédagogique. Depuis trois ans, un accent particulier a été mis sur la peinture. Découvrez-en les bienfaits.
 

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Avoir 12 ans et peindre pour remodeler une estime de soi
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12h30, après le déjeuner, Maxime, Nacer, Adil jouent au football dans la cour de l’ITEP (Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique) Villa Blanche Peyron de la Fondation de l’Armée du Salut, à Nîmes. 

Dans ce type d’établissement, l’expression « passage à l’acte » est synonyme de crise de violence, d’un moment où le jeune est hors de lui. A 13 heures, les cours reprennent et jusqu’à 14H, les jeunes ont l’occasion d’un autre type de « passage à l’acte ». Aujourd’hui, il s’agit d’un acte artistique. Prendre un pinceau, une toile et créer des couleurs. En d’autres termes, le passage à l’acte veut aussi dire ici laisser libre court à sa créativité. 

Depuis trois ans, un art thérapeute intervient à la Villa Blanche Peyron qui accueille des enfants et des adolescents dont les troubles de comportement, d’expression les tiennent à l’écart d’une scolarité et d’une vie ordinaire. Durant une année scolaire, trois adolescents font de la peinture. « Nous sommes allés acheter une jacinthe et Adil a brossé une toile de cette fleur », se rappelle Sandrine, enseignante à l’ITEP.

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Des capacités intellectuelles habituelles d’adolescents de leur âge

Tous les trois ont 12 ans. Dans la Villa Blanche Peyron, ils sont 37 autres comme Maxime, Nacer et Adil à présenter de tels troubles. Ces derniers prennent leur source dans les difficultés sociales, familiales et scolaires des jeunes, mais tous ont les capacités intellectuelles habituelles d’adolescents de leur âge.

« Cette année nous avons choisi comme thématique : le vivant, précise Sandrine Legrand, qui enseigne dans l’ITEP depuis trois ans. Les jeunes peuvent représenter à travers leur peinture les arbres, les forêts, les animaux et rarement l’homme et si l’homme est représenté il est caricaturé ». 

Tous les jeunes accueillis dans l’ITEP ont des troubles déficitaires de l’attention, avec parfois une hyperactivité. Jugés par la société comme pouvant être violents, agressifs, turbulents ou encore colériques, ils sont parfois en manque d’affection parentale, victimes de violences physique ou psychologique dans leur entourage familial. Ces jeunes ont perdu, au fil du temps, l’estime de soi. La thérapie par l’art vient alors composer ce paysage sinistre de la vie de ces adolescents vivant dans un contexte social perturbé et un milieu familial parfois absent. 

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Gagner en assurance et de dévoiler leur vrai visage

« L’art thérapie propose aux jeunes un autre moyen d’expression, il les encourage à prendre des initiatives », note Sandrine. Aujourd’hui, après six mois passés à peindre le vivant, Maxime part d’une toile blanche et crée des couleurs, différentes nuances. Pour Sandrine, « il a compris que dans l’art, il n’y a pas d’échecs » alors qu’au début d’année, il osait à peine colorier. « A cause de vous, maintenant je suis fier de moi » dit-il à Christelle, l’art thérapeute qui intervient une fois par semaine auprès des jeunes de la Villa Blanche Peyron et dans trois autres établissements médico-sociaux de Nîmes. 

Une fierté qui se conjugue avec un esprit d’initiative et une absence de la crainte du regard de l’autre. « Récemment, Maxime a voulu peindre un koala pour ‘rendre hommage’ aux koalas victimes des incendies en Australie. C’est une décision qu’il a prise tout seul », fait remarquer Sandrine. Une occasion de montrer sa sensibilité, alors que Maxime est habituellement décrit comme un adolescent impulsif et agressif. 

Au feutre peinture, au pastel sec mélangé avec les doigts, une technique fortement appréciée par les jeunes, sur des toiles, des feuilles ou des cartons entoilés, depuis septembre 2019, plus d’une vingtaine d’œuvres ont été produites par les jeunes. Une œuvre collective est réalisée par Maxime, Nacer et Adil. « Ce travail collectif représente pour l’art thérapeute et moi, l’enseignante, un champ de médiation afin de permettre aux trois jeunes de travailler ensemble et surmonter leurs difficultés », explique Sandrine. 

Les ambitions artistiques de Maxime, Nacer et Adil ne se limitent pas aux murs de la Villa Blanche Peyron. En effet, pour une exposition à la Maison de la Région, à Nîmes (qui a été reportée pour cause de Coronavirus) ils réalisent une œuvre sur la thématique du « Vivre ensemble à Nîmes ». Une belle façon pour ces trois jeunes de gagner en assurance et de dévoiler leur vrai visage. 
 

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