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Lutte contre la précarité menstruelle : comment l’Armée du Salut aide les femmes en difficulté

Publié le : 5 août 2021
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La précarité menstruelle est une réalité quotidienne, en France, pour deux millions de femmes. La Fondation de l’Armée du Salut a pris la mesure de cet enjeu de santé publique et apporte aujourd’hui des solutions concrètes aux femmes souffrant de cette précarité. Reportage.   
 

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Précarité menstruelle, précarité professionnelle et précarité sociale : les femmes les plus démunies sont durement touchées. En collaboration avec l’Etat, la Fondation de l’Armée du Salut est engagée dans la lutte contre la précarité menstruelle. En France, ce phénomène touche entre 1,5 et 2 millions de femmes, selon le Centre régional d'information et de prévention du sida et pour la santé des jeunes (Crips). 

Face à cet enjeu de santé publique, les établissements de la Fondation de l’Armée du Salut mettent à disposition des distributeurs de protections hygiéniques dans les accueils de jour ou à l’entrée du Palais de la Femme (Paris 11ème). Des distributions ont également lieu lors des maraudes des petits-déjeuners dans certains quartiers parisiens.

Agées de 33 à 78 ans, six femmes prennent pour la première fois la parole
pour parler de leur santé, leur corps

En partenariat avec l’Association Règles élémentaires, la Fondation de l’Armée du Salut a organisé avec le soutien des salariés des établissements, un groupe de parole sur la précarité menstruelle et la santé des femmes. 

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14 h 00 - Dans un centre d’hébergement d’urgence de l’Armée du Salut, « La Mouzaia », dans le 19ème arrondissement de Paris. Au premier étage du centre, qui accueille 120 personnes, un groupe de femmes accueillies par la Fondation de l’Armée et accompagnées par une travailleuse sociale arrive timidement dans le petit salon. Elles ont en face d’elles : Charlotte, gynécologue à l'hôpital Hôtel-Dieu Assistance publique - Hôpitaux de Paris et à la Maternité Port-Royal, et Anne, elle, est infirmière. 

Agées de 33 à 78 ans, ces six femmes vont prendre pour la première fois la parole pour parler de leur santé, de leur corps, de leurs règles. Sensibilisation à l’hygiène intime, utilisation pratique des protections hygiéniques, pathologies ou troubles associés aux cycles menstruels, comment les prendre en charge. Toutes les questions sont abordées. 

Après un tour de table, Anne et Charlotte entre dans le vif du sujet. C’est quoi les règles pour vous ? Savez-vous à quel âge viennent les premières règles ? Comment lutter contre les douleurs des règles ? Quels sont nos besoins en ce qui concerne les règles ? Connaissez-vous le syndrome du choc toxique ? Autant de questions auxquelles elles vont répondre.

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« C’est bien pour les femmes et les jeunes filles,
cela nous rappelle des notions que nous avions oubliées », Sidonie

Sidonie, Kevani et Elisabeth s’expriment tour à tour pendant qu’une des femmes du groupe, studieuse, écrit sur son cahier toutes les notions à ne pas oublier.

Elisabeth, 33 ans, Angolaise, se livre avec retenue : « Vous savez, depuis mon arrivée en France, je n’ai plus mes règles ». « Cela doit être dû au stress, lui répond en douceur Charlotte. C’est très gentil à vous d’être venues ». Ces ateliers « c’est bien pour les femmes et les jeunes filles, cela nous rappelle des notions que nous avions oubliées. » apprécie Sidonie, la doyenne du groupe.

Après un cours théorique sur l’anatomie du corps féminin, Anne et Charlotte rappellent les règles d’hygiène en matière de santé : bien se laver les mains avant et après le changement de protections, ne pas hésiter à rencontrer un médecin si les douleurs sont intenses, s’hydrater, changer régulièrement sa protection, noter ses règles sur un calendrier, choisir des vêtements confortables, ne pas hésiter à consulter si on a de la fièvre ou des nausées. Les échanges avec la gynécologue et l’infirmière ont pour but de donner des repères, informer, « mais ne pas effrayer et repartir avec des connaissances et des bonnes pratiques », relève Charlotte.  
16 H 00 – C’est le moment d’un petit temps pratique pour expliquer toutes les solutions existantes dans le commerce.

Toutes vont repartir avec deux produits de leurs choix et pouvoir s’entretenir de manière plus confidentielle avec Anne et Charlotte à la fin de l’atelier. Un atelier tout en sororité et bienveillance.

Valérie Vadot
 

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