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Un entresol devenu accueil d’urgence, la solution pour 40 femmes à la rue

Publie le : 5 mars 2018
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Alors que les températures glaciales sévissaient en France et à Paris, la Fondation de l’Armée du Salut, en partenariat avec l’Etat et la Ville de Paris, a réfléchi à la manière d’augmenter encore la capacité d’accueil de ses établissements. C’est ainsi qu’a été décidé d’aménager dans l’entresol du Palais de la Femme (XIe) un abri pour 40 femmes sans abri. 

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Le thermomètre affiche -1 degré, un soleil glacial illumine Paris. Le froid polaire, les 40 femmes anciennement sans abri l’ont connu quand elles étaient à la rue. Elles sont accueillies depuis fin janvier dans un nouvel abri de nuit créé et géré par la Fondation de l’Armée du Salut. Orientées par le 115 ou les haltes de nuit, elles ont pris leurs quartiers dans de nouveaux locaux aménagés pour l’occasion au sein du Palais de la Femme, qui accueille par ailleurs toute l’année près de 390 personnes. 

Confrontés à la difficulté de trouver de nouveaux locaux où accueillir des personnes sans abri, l’Etat, la Ville de Paris et l’Armée du Salut ont imaginé cette solution qui consiste à aménager l’entresol du Palais de la Femme (centre d’hébergement parisien situé dans le XIe arrondissement). Ce qui fut un temps une pizzéria au sein de l’établissement a été entièrement rénové et est aujourd’hui doté d’une salle de restauration, de 4 chambres avec des lits superposés et de casiers individuels. A cela s’ajoutent 2 petites chambres et de 2 plus grandes chambres avec sanitaires individuels qui peuvent accueillir 14 personnes. Un espace détente avec une télévision complète l’espace collectif. 

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L’accueil y est inconditionnel :  les femmes majoritairement isolées et sans abri peuvent aller et venir quand elles le souhaitent. « Chaque personne accueillie doit rentrer à l’abri de nuit avant 21h45 », précise Delphine, la cheffe de service. 

40 femmes et 40 histoires de vie différentes

Avant de trouver un abri au sein ces femmes devaient dormir dans les stations de métro, dans les parcs, les halls d’hôpitaux ou sur les trottoirs. C’était le cas de Sarah*, 45 ans, qui a « enchaîné les squats et les centres d’hébergement et qui a trouvé une place à l’abri de nuit avec sa sœur de 23 ans. J’attends maintenant qu’on m’aide à trouver un logement », raconte-t-elle. 

Ruptures familiales et conjugales, longs parcours migratoires, les histoires des 40 femmes sont toutes différentes les unes des autres mais elles ont une seule et unique fin : trouver un logement et une stabilité dans la vie.

L’abri de nuit ne se réduit pas à une simple « mise à l’abri » de femmes qui ont connu la rue ou été confrontés à des situations de précarité. Les premiers jours de l’accueil permettent aux femmes de souffler et de se remettre de la violence de la rue. « Ensuite, elles bénéficient d’un accompagnement social : une psychologue de l’Equipe Mobile Psychiatrie Précarité (EMPP) intervient un après-midi par semaine et des sages-femmes de la Protection Maternelle et Infantile et des hôpitaux du XIe et du XIIe arrondissement viennent rencontrer les femmes », explique Delphine, cheffe de service au Palais de la femme. 

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31 400 femmes sans toit

L’abri de nuit est épaulé dans son action par des associations comme Féminité sans-abri et Règles élémentaires qui « nous fournissent des trousses de toilette pour femmes et des produits d’hygiène pour femmes comme des tampons ou des protections hygiéniques », poursuit Delphine. L’association a d’ailleurs installé à l’entrée du Palais de la Femme une urne pour collecter des produits hygiéniques pour les femmes accueillies.  

Selon les derniers chiffres du Samu Social, 22% des personnes sans abri sont des femmes soit plus de 31 400 femmes sans toit. Le nombre de personnes sans abri ou mal logées en France augmente en permanence, depuis plusieurs années. Aujourd’hui en France, en 2018, 143 000 personnes sont sans abri selon le 23e rapport de la Fondation Abbé Pierre. 

* Le prénom a été modifié. 

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