Coronavirus : quand le soin passe par l’animation dans les EHPAD

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Alors que les mesures de confinement ont été renforcées et que les résidents des EHPAD n'ont plus la possibilité d'être en contact avec l'extérieur à cause de l'épidémie de Covid-19, les EHPAD de l’Armée du Salut s’adaptent au quotidien pour aider les personnes âgées à mieux vivre le confinement. Un enjeu de taille quand les établissements sont coupés du monde. (Article publié en mars 2018 / mis à jour 3 avril 2020)

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Thierry Louzy, directeur du secteur de la Dépendance, Jeunesse, Soins et Handicap de la Fondation de l'Armée du Salut a pris la parole alors que les conditions de confinement sont renforcées. "La situation de nos établissements est inédite et évolue en permanence. La crise sanitaire nous met tous à très rude épreuve. L’engagement des professionnels permet aujourd’hui de tenir et ce malgré les doutes, les craintes et la maladie (...) Toute notre reconnaissance va aux professionnel-le-s qui se donnent sans compter".  

Parmi les professionnels mobilisés sur le terrain, nous comptons les animateurs dans les maisons de retraite médicalisées. Leur présence et rôle sont vitaux quand les liens avec le monde extérieur sont affaiblis. 

L’animation vient alors à la rescousse des établissements de l’Armée du Salut qui accueillent des personnes âgées ou handicapées. Elle permet de créer du lien social entre toutes les personnes présentes durant la période de confinement à savoir : résidents et les salariés, le tout en se concentrant sur les désirs et les besoins des personnes accueillies. 

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« Nous nous serrons les coudes. Depuis que nous avons fermé les portes de l’EHPAD, nous avons redoublé d’efforts pour proposer une multitude d’activités aux résidents. Nous avons à cœur de maintenir le lien familial à travers des appels téléphoniques, vidéos et de partage de photos », explique Barbara, animatrice à la Résidence Heimelig, à Seppois-Le-Bas (Haut-Rhin). Autant que les infirmières et les soignants, le rôle des animateurs est tout aussi essentiel pour maintenir une vie dans les maisons de retraite médicalisées. 

Organiser des animations correspond au besoin de recréer du lien entre une personne fragilisée et son environnement et de lui redonner du plaisir, afin qu’elle s’y sente le plus épanouie possible. Et surtout pour éviter que la santé sociale des résidents ne décline pas. 

Le rôle des animateurs est essentiel
pour maintenir une vie dans les EHPAD

« Pour information, à la suite du confinement nous avons mis en place des appels visio par Skype, Messenger et WhatsApp. Si vous êtes intéressés, appeler la Sarraziniere et demander les animatrices. De plus nous allons mettre en place des cours de pilates avec notre coach Dominique via Skype. Bonne journée à tous ». Ce type de message, plusieurs EHPAD de l’Armée du Salut ont publié sur leur groupe Facebook pour informer les familles sur les activités proposées à leurs proches qu’ils ne peuvent plus visiter.

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Barbara est animatrice à la Résidence Heimelig, une maison de retraite médicalisée gérée par la Fondation de l'Armée du Salut en Alsace. Confrontée à la vie en confinement au sein de l'EHPAD, elle raconte le quotidien des résidents qui sont coupés du monde. 

Qu’est-ce que les résidents de l'EHPAD pensent du confinement ?

Barbara : Nous sommes transparents dans nos explications aux résidents : le confinement est nécessaire pour protéger leur santé. Certains comprennent. D’autres moins. Quelques-uns oublient. 

Comment le vivent-ils ?

Barbara : Nous constatons que psychologiquement c’est très difficile pour les résidents. Désormais, ils doivent prendre leur petit-déjeuner, le déjeuner, la collation et le dîner dans leur chambre. Se retrouver en salle à manger était un moment de partage pour tous. Une "solidarité" entre les personnes a vu le jour depuis le confinement : des résidents prennent des nouvelles des autres. Soit auprès des soignants soit en communiquant à travers les murs ou les portes ouvertes des chambres. Certains résidents rassurent les membres de leur famille, leur remontent le moral. L’humeur générale est positive.

Comment gérez-vous l’isolement au quotidien ?

Barbara : Nous essayons de renouveler nos activités et de nous adapter à la situation. Les activités collectives d’avant sont aujourd'hui individuelles. Nous jouons aux jeux de société dans les chambres des personnes, par exemple. Nous avons deux tablettes qui nous permettent de passer des appels vidéo avec les familles pour que les résidents puissent garder un lien avec l’extérieur, leur famille. C’est une crise sanitaire mais aussi une crise du lien social.

En quoi le confinement peut être dangereux pour les résidents ?

Barbara : Nous redoutons que les résidents sombrent dans l’ennui. Tous les jours, nous relevons un défi : aider les résidents à ne pas décliner. Toilette du matin, lecture de journaux, regarder la messe, toutes les activités d’un résident dans la journée sont importantes. Aujourd’hui tout est cassé. Le plus difficile pour l’équipe des animateurs est de pouvoir garder les repères des femmes et des homes accueillies, qui sont très importants pour un public du quatrième âge. Humainement et émotionnellement, le confinement est difficile.

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Article publié en mars 2018 / mis à jour 3 avril 2020

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Actualité