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Covid-19 : La vie en EHPAD racontée par une salariée venue en renfort

Publie le : 17 avril 2020
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Infirmière de formation puis directrice d’EHPAD, Sylvie Dupont avait rejoint le siège de la Fondation de l’Armée du Salut il y a  plusieurs années. Face à la crise liée du Covid-19, elle a fait le choix de retourner sur le terrain pour prêter main forte à des équipes éprouvées mais toujours debout, au service des résidents. Elle nous raconte ce qu’est la vie d’une maison de retraite médicalisée aujourd’hui. 

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Avec 32 ans d’expérience auprès des personnes âgées dépendantes, comme infirmière, puis comme directrice d’EHPAD (maison de retraite médicalisée), Sylvie Dupont connaît parfaitement la réalité de ces établissements et notamment celle de la Résidence Braquehais, à Bormes-les-Mimosas, qu’elle a dirigée pendant trois ans. Aujourd’hui Directrice-adjointe de tous les établissements de la Fondation accueillant des personnes dépendantes, elle a fait le choix d’aller prêter main forte aux équipes de cette résidence qu’elle connaît bien, en remplacement de l’infirmière coordinatrice diagnostiquée positif au Covid-19.

Au jour où nous écrivons, cet établissement de 84 personnes âgées dépendantes compte une dizaine de résidents dont on suspecte qu’ils soient touchés par le virus et trois officiellement diagnostiqués positifs. Il n’y a en revanche pas eu de décès à ce jour. Entre maintien des soins et accompagnement du personnel, Sylvie nous parle d’un EHPAD qui est « transparent » vis-à-vis des familles mais qui traverse aujourd’hui une situation singulière, complexe et bouleversante. 

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Vous avez décidé de prêter main-forte à l’équipe de la Résidence Olive et Germain Braquehais, quelles sont vos missions au quotidien auprès au sein de l’EHPAD ? 

Sylvie Dupont : Tous les EHPAD de la Fondation de l’Armée du Salut et ceux de la France entière traversent une période d’incertitude. Les mesures sanitaires que nous devons mettre en place varient régulièrement, car nous connaissons mal le virus. Aujourd’hui, dans l’EHPAD Olive et Germain Braquehais c’est une gestion au jour le jour. Depuis le premier cas de Covid-19 détecté dans l’EHPAD (le 31 mars 2020), je suis revenue prêter main-forte aux équipes de l’EHPAD sur l’organisation du déploiement de l’équipe dédiée aux soins des personnes malades du Covid-19. 

Nous soupçonnons qu’une dizaine de résidents ont été touchés par le virus. Ils sont regroupés et soignés par le personnel médical de l’EHPAD dans le respect de toutes les mesures barrières. Surblouse, charlotte, gants, masques, surchaussures, les infirmières sont équipées quand elles soignent les personnes contaminées. Tous les résidents continuent à être accompagnés. Nous gardons le lien au quotidien avec leurs familles pour qu’elles puissent avoir toutes les informations sur leurs proches et l’EHPAD. Nous restons transparents et nous les soutenons dans ces moments difficiles alors qu’elles sont coupées de leurs proches. 

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Quelles sont les difficultés que vous avez identifiées dans l’accompagnement des personnes âgées dans cette période de crise sanitaire ?

S.D. : La crise sanitaire met en lumière la forte pénurie des équipements de protections individuelles (gants, masques, surblouses, charlottes, surhausses) pour équiper et protéger les personnels de l’EHPAD. Mais cette pénurie a fait naître une solidarité entre les établissements de la Fondation et les acteurs du sanitaire. Je tiens à rappeler qu’avant la crise, la situation des EHPAD était déjà très fragile avec un manque criant de personnel. L’entrée du virus dans les EHPAD n’a fait qu’accentuer ces difficultés structurelles. 

La crise sanitaire provoquée par le Covid-19 nous emmène aussi vers des impasses éthiques. Plusieurs EHPAD de la Fondation de l’Armée du Salut en France sont confrontés à la question de la fin de vie en période de confinement. L’accompagnement des résidents en fin de vie est difficile surtout si certaines souffrent du Covid-19. A cause du confinement, nous, les personnels de l’établissement et les familles, sommes confrontés à l’absence cruelle de relation affective des résidents avec l’extérieur.

Alors que les mesures de confinement sont renforcées et que des salariés sont en arrêt maladie car touchés par la maladie, nous nous exposons également à une question cruciale : comment recruter les intérimaires alors que l’EHPAD est fermé à double tour ?

Les personnels sont très touchés par les mesures de confinement et inquiets face à la maladie. Nous fonctionnons avec des effectifs réduits pour accompagner 84 résidents. Aujourd’hui, l’organisation des EHPAD est fortement perturbée. Quant aux EHPAD de la Fondation de l’Armée du Salut en général, ils sont à ce jour parmi les moins touchés. Depuis le début de la crise, les équipes de direction et tout le personnel des établissements médico-sociaux restent engagés :  ils ont mis en place toutes les mesures barrières pour protéger les résidents et eux-mêmes. 

Propos recueillis par Mayore LILA DAMJI

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