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Ehpad : transformer une situation acceptable ni par les résidents, ni par les professionnels

Publié le : 15 mars 2018
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Jeudi 15 mars, une nouvelle mobilisation alerte la société française sur les besoins des aînés qui sont accueillis en maisons de retraite médicalisées. A cette occasion, et dans la poursuite de la tribune publiée par la Fondation à l’automne dernier, un courrier signé par les présidents et présidentes des Conseils de la vie sociale a été envoyé aux partenaires et réseaux, pour faire écho à la mobilisation en cours.

 

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Dans l'une des maisons de retraite médicalisées de la Fondation de l'Armée du Salut
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Plus de 1 000 personnes âgées dépendantes vivent dans les neuf maisons de retraite médicalisées de la Fondation. « Le diagnostic porté (depuis plusieurs années) par ces neuf établissements recoupe largement les conclusions des dernières missions parlementaires : professionnels sous tension et peu reconnus, nécessité des soins parfois au détriment de la vie sociale, complexification des pathologies, financements insuffisants, etc. », soulignaient déjà, au début de l’année, Claude Hege et Sylvie Dupont, directeur et conseillère technique des programmes Jeunesse-Handicap-Dépendance au siège de la Fondation. Sur la base d’un travail coordonné entre établissements et siège de la Fondation, une tribune avait été publiée, à l’automne 2017 : Eric Yapoudjian, le directeur général de la Fondation, y rappelait que « la conséquence du manque de personnel, reconnue par de nombreux rapports, est la nécessité d’intensifier les cadences et de rationaliser à l'extrême chaque minute de la journée. En découle un épuisement des professionnels en proie aux risques psycho-sociaux. Les équipes doivent en effet tout faire, très vite, parfois à la place des résidents et au détriment de la relation humaine. »

Des objectifs et des propositions avaient été avancés dans cette tribune, et depuis, les échanges et travaux se sont poursuivi dans les réseaux nationaux et professionnels pour que des orientations politiques et budgétaires soient prises afin de transformer une situation d’accueil et accompagnement qui n’est acceptable ni par les résidents, ni par les professionnels.

La parole des personnes accueillies

En lien avec un nouveau temps de mobilisation collective, ce 15 mars, les maisons de retraite médicalisées de la Fondation ont travaillé ensemble pour interpeller, cette fois-ci par la voix des présidents et présidentes de leurs Conseils de la vie sociale, sur cette situation alarmante. Adressée aux partenaires, financeurs, réseaux, une lettre commune a été rédigée pour rappeler en particulier qu’aux yeux des personnes accueillies, il « est intolérable, inexcusable que les qualités humaines et l’engagement des personnels ne soient pas reconnus. Tout notre bien-être repose sur leur implication du quotidien et sur tous les petits gestes, qui en réalité n’en sont pas et qui font que nous nous sentons importants et utiles. » Et même si, grâce à l’engagement des équipes, les conditions de vie dans les maisons de retraite de la Fondation sont bonnes, les représentants des résidents interpellent : « à quel prix ? » Car « le travail est difficile, nous voyons le personnel et y compris le directeur/la directrice courir toute la journée, du lundi au dimanche.» Et sans reconnaissance de la société.

C’est pourquoi plusieurs exigences sont affirmées : « des moyens humains nécessaires pour que nous soyons « debout » chaque jour et continuions à être toujours les acteurs de notre vie (…), des personnels plus nombreux et formés. » Les personnes âgées, en particulier celles dont la santé nécessite davantage d’accompagnement, sont des citoyens à part entière, dont la place dans la société et les besoins doivent être reconnus.

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