Les soldats et les bénévoles de l’ombre...

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Nous sommes au mois de décembre, il fait froid et sombre, seules les illuminations et des décorations de Noël dans les rues et les grands magasins apportent un peu de gaîté.

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Les passants sont pressés, encore plus que d’habitude. Au traditionnel « métro-boulot-dodo » se rajoute la liste de tout ce qu’il faut préparer pour les fêtes  : trouver tous les cadeaux sans oublier personne, décorer la maison, préparer le réveillon, voire organiser des vacances.

Sur le trottoir se côtoient plusieurs profils de personnes : celles qui passent en courant, les yeux fixés sur leur smartphone, sans un regard pour ce qui se passe autour ; les sans-abris qui ont l’impression d’être devenus des fantômes à l’approche de cette période de fête, qui n’ont aucune part à cette excitation et se sentent exclus  ; et les bénévoles de l’Armée du Salut, plantés à côté de leur « marmite » de Noël espérant que quelques passants leur prêtent attention et glissent une pièce ou, mieux encore, un billet pour permettre à tant d’exclus de fêter Noël.

Mais qui sont-ils, ces soldats et bénévoles de l’ombre ? 

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Place des Ternes, dans le 17e arrondissement. Je croise Jean-Blaise avec son trombone. Il est emmitouflé dans un grand manteau bleu-marine et porte une chasuble rouge arborant le logo de l’Armée du Salut. 

Sur sa tête, le képi salutiste rappelle l’uniforme. Retraité, cet ancien enseignant pour enfants souffrant de handicaps est infatigable. Il interprète des cantiques de Noël à côté de la marmite en attendant que des collègues le rejoignent. Eh oui, les autres travaillent encore, mais c’est promis, ils viendront après leur journée de labeur. Ce sont d’abord Maxime et Théo avec leur cornet et leur baryton. 

Encore étudiants, ils ont fini les cours plus tôt et peuvent venir prêter main forte. C’est ensuite Arielle. Son animation musicale terminée, dans un service hospitalier pour enfants, elle arrive avec son cornet et son chapeau vissé sur la tête. Finalement, Samuel, qui travaille à la télévision, et Loïc, dans la finance, rejoignent le petit groupe : les six musiciens chevronnés animent la rue avec un ensemble de cuivres à cinq voix, attirant chalands et donateurs.

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Il en est ainsi pendant près de trois semaines dans 25 villes en France. Vous les avez peut-être croisés, ces soldats et bénévoles de l’ombre, sans vraiment savoir pourquoi ils sont là et quel est leur engagement. Certes, certains sont seuls à faire tinter la clochette. Ils n’ont pas tous la chance de faire de la musique et de pouvoir constituer un groupe.

«  À cette période de l’année, mon engagement prend tout son sens.
Dans la rue, je témoigne de ma foi et de mon espérance en Dieu.  »

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Le soir du réveillon du 24 décembre, ils seront nombreux à renoncer à dîner en famille pour apporter un peu de chaleur à ceux qui sont seuls après avoir passé une longue journée à collecter des dons auprès de la marmite. Noël, c’est la soirée où ils sont au service des autres, de super moments de partage avec ceux qui n’ont rien, au cours de laquelle ils sont là pour apporter un peu de sens à la fête. La fête de famille, ils la vivront plus tard, car, bien sûr, elle est aussi importante.

Cécile Clément

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Actualité