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Violences conjugales, être accompagnée pour ne pas replonger

Publie le : 8 mars 2019
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Si l’amour rime avec violence, alors ce n’est pas de l’amour. Sigrid*, trentenaire, a été pendant plusieurs années victime de violences conjugales. Humiliée, battue, menacée de mort, elle a réussi fuir son ex-conjoint. Loin de lui, elle se reconstruit aujourd’hui grâce à l’Armée du Salut et grâce à ses équipes spécialisées dans l’accompagnement de femmes victimes de violences Découvrez son témoignage poignant. 

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Violences conjugales, être accompagnée pour ne pas replonger
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" Aujourd’hui, j’ai toujours du mal à admettre que je suis une femme, victime de violences conjugales. 

La violence de mon conjoint a commencé quand j’étais enceinte. Au début, je ne me rendais pas compte. Mon conjoint suivait mes faits et gestes : il m’appelait pour s’assurer que j’étais bien à l’endroit indiqué. 

Les comportements violents se sont installés dans la vie quotidienne progressivement. Propos humiliants, coups de poing, c’est vite devenu infernal. Un jour il m’a pris mon téléphone et s’est mis à m’insulter. Il a toujours été possessif. Au début je prenais ça pour de l’amour. Mais l’amour s’est vite transformé en menace. Et un jour, il m’a agressée avec un tournevis et en m’attrapant par la gorge. Parce qu’il m’avait dit que s’il me tuerait, ce serait en m’étranglant… 

Terrorisée, j’étais au bord du gouffre. Alors que j’attendais mon bébé, c’est la sage-femme qui me suivait qui a constaté des choses et qui a fait le signalement auprès des services sociaux. Au début, je l’ai mal pris, j’estimais qu’elle outrepassait son rôle. Mais je la remercie du fond du cœur maintenant.

J’ai décidé de partir après la naissance de mon enfant. C’était devenu une question de survie. J’ai quitté la région où j’habitais avant et je suis venue trouver un refuge à l’unité d’hébergement de l’Armée du Salut, dédiée aux femmes victimes de violences, à Louviers. Mais mon conjoint continue toujours de m’appeler : parfois il est gentil, parfois il se met à m’insulter… Heureusement que je suis accompagnée sinon je serais repartie le rejoindre. 

Ici, j’ai retrouvé l’estime de moi-même

Je rêve désormais de retrouver un travail pour ne plus dépendre financièrement de personne. Il avait pris contrôle de toute ma vie. 

Aujourd’hui, je veux avoir des amis. Je veux de nouveau exister. J’ai ce sentiment que je suis toujours sous son emprise, je sais donc que le chemin de la reconstruction est long. 

Il y a 20 femmes comme moi accompagnées par l’équipe de l’établissement. Nous sommes suivies par une psychologue. Elle nous aide à apprendre à nous respecter, pour mieux s’affirmer et ne pas tomber sur un homme qui recommencerait à abuser de nous. Nous devons apprendre à nous protéger, à nous reconstruire, et à retirer les œillères. Nous avons toutes des blessures à la fois physiques et psychologiques…

Je participe régulièrement aux groupes de parole et ateliers, où avec des femmes qui ont vécu des choses similaires, nous partageons notre vécu. Je vois au quotidien des femmes plus âgées qui ont été violentées et qui s’en sortent, cela donne de l’espoir. 

Ici, j’ai retrouvé l’estime de moi-même. Je ne mérite pas qu’on ne me tape ni qu’on m’insulte. L’Armée du Salut m’aide à redevenir autonome et libre." 

*Le prénom a été modifié. 

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